Une fois par mois, Le Devoir fait un bref saut dans le passé en présentant et en remettant en contexte une photo d’archives de l’agence Magnum. Aujourd’hui : les attentats du 11 septembre 2001, dont on souligne vendredi le 25e anniversaire.

« Si je me trouve dans un endroit où quelque chose de dramatique se produit, j’ai tendance à être de ceux qui cherchent à être témoins de la scène plutôt qu’à fuir », confie la photographe Susan Meiselas au Devoir.Le matin du 11 septembre 2001, Susan Meiselas, alors âgée de 52 ans, était assise dans un diner américain typique en attendant l’arrivée d’une amie qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps. Elle était à mille lieues d’imaginer la tragédie qui allait se dérouler. Au bout de quelques minutes, sur l’écran d’une petite télévision, elle a vu le premier avion s’écraser sur la tour nord du World Trade Center, raconte-t-elle, confiant que « c’est toujours assez choquant d’y repenser ». « Nous n’aurions jamais pu imaginer le monde qui allait suivre. »Sans attendre, la photographe a enfourché son vélo, est rentrée chez elle, a récupéré quelques rouleaux de pellicule conservés au frais, a attrapé son appareil photo et est repartie, cette fois en direction du chaos.« Plus je m’approchais, plus je voyais des gens quitter le secteur dans lequel moi, j’entrais », se rappelle-t-elle.« Frappés au cœur »« Frappés au cœur » était le grand titre de la une du Devoir du 12 septembre 2001. « Une tragédie sans nom, inimaginable, épouvantable au-delà de tout entendement, a frappé hier les États-Unis en plein cœur alors que des attentats terroristes à répétition ont touché New York et Washington, entraînant dans la mort des milliers de personnes », a écrit le journaliste Jean Dion.La veille, 19 terroristes d’al-Qaïda avaient détourné quatre avions de ligne pour mener une série d’attentats suicides sans précédent. Deux s’étaient écrasés sur les tours jumelles du World Trade Center, à Manhattan ; un autre sur le Pentagone, en banlieue de Washington ; et le dernier s’était écrasé dans un champ en Pennsylvanie. Près de 3000 personnes ont perdu la vie ce jour-là.