Temps de Lecture 5 min.
Article réservé aux abonnés
ReportagePrès de la ville d’Ascona, dans le Tessin, l’Hôtel Monte Verità cultive la mémoire de l’utopie sociale née sur cette colline dominant le lac Majeur. Le site majestueux où, il y a plus d’un siècle, artistes et intellectuels prônaient le retour à la nature, est aujourd’hui un havre de paix inspirant.
Dans le sud de la Suisse, le canton du Tessin gomme à lui seul ce que le pays charrie d’idées préconçues. A la rigueur helvète, il oppose la rencontre de paysages alpins et méditerranéens qui dévalent jusqu’au lac Majeur, un généreux taux d’ensoleillement et une myriade de villages où résonne l’italien, la langue officielle du canton. Perché au-dessus d’Ascona, station balnéaire désuète jusque dans son chic, l’Hôtel Monte Verità couronne la colline du même nom.
En 1900, une colonie hétéroclite de rêveurs réfractaires à l’industrialisation choisit de s’y installer pour créer une utopie inspirée par la Lebensreform (« réforme de la vie »), mouvement contestataire allemand qui prônait le retour à la nature. Tout juste parvenus au sommet de celle qu’ils baptisent « montagne de la Vérité », les membres de la colonie construisent 12 cabanes « air-lumière », habitations spartiates de bois brut.









