Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Arts Arts Arts Les premiers visiteurs ont pu admirer, jeudi, au British Museum, l’œuvre prêtée au Royaume-Uni par la France jusqu’en juillet 2027. L’importance de l’arrivée de Guillaume le Conquérant sur le trône d’Angleterre dans le récit national et la curiosité pour une tapisserie millénaire expliquent l’intérêt du public. Article réservé aux abonnés A quelques jours de sa rentrée en études d’histoire à l’université de Cambridge, Mabel Weilling, ne pouvait rêver mieux. Comme quelques centaines de privilégiés, la jeune fille de 18 ans, s’est engouffrée, jeudi 10 septembre, au matin, sous les colonnes du British Museum à Londres. Laissant derrière elle les travées du musée grouillant de milliers de visiteurs, elle a rejoint une longue salle, plongée dans la pénombre. Là, au son d’une musique apaisante, et en quarante minutes, Mabel a découvert, sur 70 mètres, les 58 scènes et les centaines de personnages de la tapisserie de Bayeux, récit épique de la traversée de la Manche et de la bataille d’Hastings, entreprises en 1066 par Guillaume le Conquérant, venu de Normandie, pour s’emparer du trône d’Angleterre au détriment du « traître » Harold. L’œuvre millénaire, prêtée par la France à son voisin britannique jusqu’en juillet 2027, suscite au Royaume-Uni une forme de « Bayeux mania », dont témoigne Mabel. « Cette histoire, facile d’accès pour les enfants, nous a été racontée à l’école depuis qu’on a six ans ; elle est ancrée dans nos esprits », témoigne la jeune Londonienne, émue d’avoir pu contempler « une œuvre tissée par des femmes, quelques années seulement après cet événement historique ». La tapisserie aurait été réalisée par des religieuses, sur commande de l’évêque de Bayeux, demi-frère de Guilaume, et achevée une dizaine d’années après la bataille. « Et puis on ne sait pas vraiment qui elles étaient, où cela s’est fait, le temps que cela a pris : cela attise l’imagination », note la jeune femme, qui regrette par ailleurs la quasi-absence des personnages féminins dans l’œuvre. Seules trois femmes y sont visibles. Il vous reste 69.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.