Monde EuropeUkraineEurope. Avec des dépenses militaires qui explosent et des revenus qui fondent, Kyiv demande 27 milliards de dollars supplémentaires à ses alliés en 2026, suscitant des interrogations en Europe sur l’ampleur de ses besoins.articleLecture 4 MinPublié le 10/09/2026 à 16:30Volodymyr Zelensky a demandé un budget supplémentaire de 27 milliards d'euros à l'Europe. REUTERSL’Ukraine a besoin de 27 milliards de dollars supplémentaires pour boucler son budget de défense en 2026, a annoncé Volodymyr Zelensky à des dirigeants européens le 24 août à Kiev. Une demande qui semble surprendre au sein de l’UE, alors qu’a été finalisé en avril un prêt de plus de 100 milliards de dollars à l’Ukraine, prévu pour être versé à parts égales en 2026 et 2027. Selon quatre diplomates européens cités par le New York Times, les responsables de l'UE cherchent désormais à déterminer l’origine exacte de ce déficit et à vérifier l’ampleur des besoins.Doutes sur l'efficacité de la gestion des dépensesCar l’origine du trou budgétaire semble être disputée et alimenter aussi des doutes sur la gestion des fonds ukrainiens. Les sources du quotidien américain indiquent ainsi que des interrogations émergent en privé quant à l’efficacité des dépenses de Kyiv, et que certains membres se demandent si les besoins annoncés ne sont pas surestimés. Toujours selon le NYT, le dirigeant ukrainien a expliqué lors de cette réunion qu’une partie des dépenses avait été engagée sous l’ancien ministre de la Défense Mykhailo Fedorov, récemment limogé. Une version contestée par l’intéressé, qui affirme qu’un déficit aussi important n’existait pas durant son mandat. Kyiv n’a pas encore publié le détail complet des besoins qui engendrent cette nouvelle facture, mais a indiqué qu’ils comprennent entre autres les armes, les salaires des soldats et les aides aux familles des militaires tués.Plus de dépenses, moins de revenusRoksolana Pidlasa, présidente de la commission budgétaire du Parlement ukrainien, a déclaré au New York Times avoir été prévenue plus tôt cette année qu’un déficit d’environ 7,5 milliards de dollars était attendu. Elle a également indiqué au journal que les dépenses militaires avaient augmenté de plus de 17 % au cours des huit premiers mois de 2026, par rapport à la même période de l’année précédente.Selon elle, les attaques russes contre l’industrie ukrainienne, notamment les usines métallurgiques et le corridor d’exportation des céréales, ont aussi fait perdre au pays environ la moitié des recettes attendues le mois précédent. "Les écarts apparaissent parce que la guerre devient tout simplement de plus en plus coûteuse chaque année", résume-t-elle.Toujours plus d’austérité pour l'UkrainePour pallier ce déséquilibre, le Premier ministre ukrainien Serhii Koretskyi aurait d’ores et déjà demandé aux députés d’adopter des mesures d’austérité. Mais certaines dépenses restent difficiles à réduire. Oleksandr Merezhko, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement ukrainien, affirme auprès du journal qu’il est exclu de toucher aux salaires des soldats ou aux aides versées aux familles de militaires tués.Côté européen, la Commission cherche encore à établir précisément le montant du déficit. Une des options, avancent des responsables européens auprès du journal américain, serait d’accélérer le versement du prêt européen. Kyiv pousserait également pour utiliser les plus de 200 milliards de dollars d’avoirs russes gelés, détenus notamment chez Euroclear en Belgique. Mais cette piste se heurterait toujours aux réticences de plusieurs pays. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha, de son côté, a récemment appelé les Européens à ne pas attendre : "Les négociations sont quelque part dans le futur, tandis que les fonds sont nécessaires maintenant."
Guerre en Ukraine : le mystérieux trou de 27 milliards de dollars qui interroge les Européens
Avec des dépenses militaires qui explosent et des revenus qui fondent, Kyiv demande 27 milliards de dollars supplémentaires à ses alliés en 2026, suscitant des interrogations en Europe sur l’ampleur de ses besoins.










