De Bruxelles à Gand, du Grand-Hornu à Wassenaar, L’Echo a sélectionné sept rendez-vous culturels à découvrir ce week-end des 12 et 13 septembre, ainsi que les événements à réserver pour la semaine prochaine: expositions, danse, théâtre, performances et art contemporain.Cette sélection culturelle privilégie les rendez-vous qui proposent davantage qu’une simple date dans un agenda: un parcours à composer dans les galeries bruxelloises, une maison moderniste exceptionnellement ouverte, une œuvre à voir avant sa disparition ou encore un dialogue singulier entre peinture, danse et musique.1. RendezVous, un week-end de galerie en galerieBruxelles s’apprécie aussi à pied, en passant d’une galerie à une autre, d’une exposition à une performance. C’est le principe de RendezVous, la Brussels Art Week, qui rassemble cette année plus de 95 galeries, institutions, fondations, maisons de ventes et artist-run spaces.Pour éviter l’effet catalogue, mieux vaut suivre les Focus Days. Samedi 12 septembre, le Downtown Focus Day permet ainsi de composer un parcours dans le centre-ville et autour du Sablon, entre visites d’expositions, rencontres avec des artistes, talks, performances et ouvertures exceptionnelles. Dimanche 13 septembre, l’Uptown Focus Day déplace le parcours vers Louise, Ixelles et les quartiers du sud. Le programme propose aussi des visites guidées par quartier, à réserver en ligne.Le réseau réunit des galeries internationales comme Xavier Hufkens, Gladstone, Almine Rech, Greta Meert, Mendes Wood DM ou Rodolphe Janssen, mais aussi des lieux plus jeunes et des espaces gérés par des artistes. Cette juxtaposition fait tout l’intérêt de la manifestation: en quelques rues, on passe d’une enseigne reconnue à une proposition plus singulière, d’une fondation privée à un projet expérimental.La plupart des lieux sont gratuits. Un All Access Pass à 25 euros donne accès aux lieux payants participants, avec une visite guidée et un verre de bienvenue. Les visites guidées thématiques coûtent 5 euros.→ RendezVous – Brussels Art Week. Focus Days les 12 et 13/9, à Bruxelles. rendezvousbxl.com ©Droits réservés2. Anne Teresa De Keersmaeker face aux élémentsAu MACS du Grand-Hornu, "Belle-Île" réunit sept peintures monumentales nées de la collaboration entre Anne Teresa De Keersmaeker et Steven Fillet. Le projet a été conçu à l’automne 2024 sur une falaise de Belle-Île-en-Mer, où les deux artistes ont tendu une toile blanche de 100 m² au-dessus de l’océan. À la fois toile et tapis de danse, elle a été investie par les gestes et les dessins, dans un dialogue avec le vent, l’eau et la lumière."Steven et moi partageons le même amour de la nature", explique Anne Teresa De Keersmaeker dans L’Echo. Mais elle précise l’observer "non pas d’une manière romantique, mais par la géométrie", comme une manière d’organiser les mouvements dans le temps et l’espace. La nature n’est donc pas ici un décor: elle devient une méthode de composition.En dialogue avec les toiles, la chorégraphe présente aussi "Amnesia", un nouveau solo créé avec le pianiste Alain Franco sur la dernière sonate de Beethoven. Le titre renvoie à l’oubli des paysages et d’une biodiversité qui s’effondre. Danse, musique et images s’y répondent comme des strates de mémoire.→ "Belle-Île", jusqu’au 1/11; "Amnesia" le 13/9, puis les 4, 25/10 et 1/11. MACS, Grand-Hornu. mac-s.beAnne Teresa De Keersmaeker / Rosas - Rosas danst Rosas3. La Withuis, une maison qui retrouve ses couleursConstruite en 1928 par Joseph Diongre pour le poète Jef Mennekens, la Withuis est une œuvre d’art total: l’architecte en a conçu la façade cubiste, les décors, le mobilier et le jardin. Classée dans sa totalité depuis 1985, la maison de l’avenue Charles Woeste à Jette vient d’être restaurée après plusieurs années d’études et de travaux.Son ouverture exceptionnelle au public offre une double découverte. On y retrouve l’architecture et le mobilier d’époque, mais aussi une exposition consacrée aux pionniers belges de l’abstraction géométrique, avec des œuvres réalisées entre 1920 et 1928. Issues de collections privées et publiques, elles seront montrées dans le contexte pour lequel cette maison a été conçue.La restauration a notamment reposé sur un travail de recherche chromatique et sur le retour des meubles d’origine. La visite permet ainsi de comprendre comment un intérieur moderniste a été pensé comme un ensemble cohérent. La Withuis ne se visite que dans le cadre d’une visite guidée, sur réservation.→ La Withuis et l’exposition "Les pionniers belges de l’abstraction géométrique", du 19/9 au 22/11. Avenue Charles Woeste 183, Jette. arkadia.beLa Withuis restaurée, avenue Charles Woeste 183, à Jette. ©Droits réservés4. Marthe Donas, une vie abstraiteAu Théâtre de La Valette, à Ittre, Fabrice Gardin consacre une pièce à Marthe Donas, figure belge de l’art moderne longtemps restée dans l’ombre. Ce portrait théâtral, interprété par Perline Lombart et Arnaud Van Parys, ne prétend pas reconstituer toute sa biographie: il fait revivre, dans un jeu coloré, ses voyages, ses rencontres et son parcours artistique. La représentation peut se prolonger par une visite du Musée Marthe Donas, installé à côté du théâtre.→ "Marthe Donas, une vie abstraite", jusqu’au 20/9. theatrelavalette.beLe Musée Marthe Donas : une des nombreuses pépites du Brabant wallon5. Beaumarchais en tournéeCréé au Théâtre royal du Parc au printemps dernier, "Le Mariage de Figaro" reprend la route sous la direction de Dominique Serron, qui célèbre cette année les 40 ans de L’Infini Théâtre. Laure Volglaire, Félix Vannoorenberghe, Elfée Dursen et Laurent Capelluto composent une troupe portée par la musique du DJ franco-marocain Cut Killer. Fidèle à la langue et au rythme de Beaumarchais, la mise en scène fait résonner la comédie avec des questions très actuelles: droit des femmes, harcèlement et mépris de classe.→ À Martinrou du 15 au 18/9, puis en tournée jusqu’au 16/10. Infos: infinitheatre.beAude Vanlathem, collaboratrice à L'Echo, a pris de belles photos du spectacle "Le Mariage de Figaro". ©Aude Vanlathem6. Dernière chance de voir le Beuys du S.M.A.K.Joseph Beuys est l’une des figures majeures de l’art de l’après-guerre. Sculpteur, performeur et pédagogue, il défendait une conception élargie de l’art, capable de transformer la société: sa "sculpture sociale". "Jeder ist ein Künstler" ("Tout le monde est un artiste"), répétait-il.Le S.M.A.K. présente jusqu’à dimanche "Wirtschaftswerte" ("Valeurs économiques"), une installation de 1980 qui confronte l’Est communiste et l’Ouest capitaliste à travers des étagères métalliques, des denrées de l’ex-Allemagne de l’Est, des tableaux du XIXᵉ siècle et un bloc de plâtre. L’exposition raconte aussi le défi très concret de sa conservation: que faire des aliments périssables, des emballages décolorés et du beurre incorporé dans le plâtre? Les recherches menées par le musée montrent combien la restauration des matériaux modernes a évolué. → Derniers jours les 12 et 13/9 au S.M.A.K. de Gand. smak.beLe S.M.A.K. présente jusqu’au dimanche 13 septembre "Wirtschaftswerte", installation mythique de Joseph Beuys. ©Dirk PauwelsÀ L'ÉTRANGER7. Voorlinden (La Haye) fête ses dix ans avec ses "icônes"Un musée peut-il fabriquer ses propres classiques? C’est la question posée par "Celebrating the Icons of Art", l’exposition anniversaire du musée Voorlinden, à Wassenaar, près de La Haye. Pour ses dix ans, l’institution transforme ses espaces et met en regard ses œuvres emblématiques avec des chefs-d’œuvre du XXᵉ siècle prêtés par des institutions partenaires.Depuis 2016, Voorlinden s’est fait connaître par une collection où l’expérience du visiteur compte autant que la signature de l’artiste. Le bassin de Leandro Erlich, le "Skyspace" de James Turrell et "Open Ended" de Richard Serra sont devenus les repères du musée. Ils dialoguent ici avec des œuvres de Kusama, Lichtenstein, Miró, Monet ou Gerhard Richter."Pumpkin" de Kusama, "Boy" de Ron Mueck et "M-Maybe" de Lichtenstein donnent une idée du parcours. Il ne s’agit pas seulement d’aligner les noms prestigieux, mais d’interroger ce qui fait une icône: sa puissance formelle ou l’attachement que lui porte le public."Pumpkin" de la Japonaise Yayoi Kusama, décédée le 14 août dernier. ©Antoine van KaamEn confrontant ses succès maison à des œuvres entrées dans l’histoire, Voorlinden met en scène la fabrication d’une collection et d’une mémoire collective. → Du 12/9/2026 au 7/3/2027, Wassenaar. voorlinden.nlVoorlinden - School visit | SchoolbezoekÀ L'AGENDA DE LA SEMAINE PROCHAINE (14 > 20 septembre 26)• À Bozar (Bruxelles), la semaine s’ouvre sur la Palestine. Le compositeur Ramzi Aburedwan y fait dialoguer musique traditionnelle et poésie contemporaine. Avec le Canaan Orchestra et trois voix, des poèmes de Mahmoud Darwich, Fadwa Touqan ou Samih al-Qasim deviennent une mémoire de la terre et de la transmission. → Le 14/9/26 à Bozar, Bruxelles. bozar.be• Le 18/9, Bozar accueille William Kentridge. Son exposition "I am not me, the horse is not mine" (relire L'Echo du 5 septembre) traverse une œuvre mêlant dessins, films, sculptures, installations et théâtre, de l’apartheid sud-africain à aujourd’hui.→ Du 18/9/26 au 7/3/27, bozar.beWilliam Kentridge, "A Harvest Of Devotion", à voir à Bozar dès le 18 septembre. ©William Kentridge• Le STUK (Louvain) lance sa saison avec "STUK START", festival de deux jours mêlant danse, arts visuels et musique. Jeudi, un parcours réunira notamment Aki Onda, Laura Daelemans et Nina Vanhoenacker, avant une battle de waacking. Vendredi, installations, concerts et DJ sets prendront le relais.→ Les 17 et 18/9 à Louvain. stuk.be• À l’AB (Bruxelles), quatre danseurs donnent corps à "A Love Supreme", le chef-d’œuvre de John Coltrane. Créée par Salva Sanchis et Anne Teresa De Keersmaeker, cette pièce transpose dans le mouvement la tension entre structure et improvisation.→ Le 17/9/26 à Bruxelles. abconcerts.be• À Anvers, le festival Dear Antwerp place la ville au centre d’une programmation déployée dans plusieurs lieux, dont deSingel. Le 18/9, Asa Horvitz y explore le deuil et la mémoire avec une intelligence artificielle entraînée sur des textes consacrés à la mort, tandis que Jules Reidy mêle folk, drone et électronique.→ Jusqu’au 19/9/26. desingel.beÀ RÉSERVERJournées du Patrimoine à BruxellesEt si le patrimoine bruxellois ne se limitait pas à ses monuments les plus connus? Pour leur 38ᵉ édition, les Journées du Patrimoine invitent à découvrir la capitale sous le thème "Notre paysage, notre héritage". Du 19 au 20 septembre, le programme explore places, parcs, rues et perspectives, mais aussi paysages naturels et ruraux, patrimoine immatériel et lieux habituellement peu accessibles. On pourra notamment descendre sous terre au Coudenberg ou au Musée des Égouts, et visiter des sites en transformation. Certaines activités nécessitent une réservation, ouverte depuis le 8 septembre. À noter: le dimanche 20 sera une journée sans voiture dans toute la Région bruxelloise.→ Journées du Patrimoine. Les 19 et 20/9 à Bruxelles. heritagedays.urban.brussels