En dépit des apparences, les contre-tarifs du Canada, immédiatement suivis par des contre-contre-tarifs des États-Unis, marquaient peut-être moins une escalade de leur guerre commerciale qu’une volonté inavouée de calmer un peu le jeu.Le moins qu’on puisse dire, c’est que le président Trump n’a pas perdu de temps mardi. Les représailles tarifaires canadiennes censées répondre « dollar pour dollar » aux quelque 28 milliards de nouveaux tarifs commerciaux imposés le mois dernier sur les exportations canadiennes n’étaient pas en vigueur depuis 24 heures que déjà Washington y répondait encore par de nouveaux tarifs de son cru.Les deux pays semblent bel et bien engagés dans l’escalade tarifaire qu’on disait vouloir éviter à tout prix, surtout du côté du plus petit des deux. Mais peut-être pas.D’abord parce que, à Ottawa, on avait déjà laissé entendre qu’on laisserait la poussière retomber avant ne serait-ce que d’envisager la possibilité de contre-contre-contre-tarifs en cas de nouvelle réplique américaine. Mais aussi parce que, à bien y regarder, les nouvelles représailles commerciales des États-Unis pourraient être plus retenues qu’il n’y paraît.Une réplique « modeste »Ces nouvelles mesures consistent en fait en des changements relativement mineurs à ce qui avait déjà été annoncé, a estimé mercredi la Banque TD dans une brève analyse. Bien que cela soit une bien mince consolation pour les secteurs économiques directement touchés, particulièrement au Québec et en Ontario, elles « ne devraient pas avoir d’impact significatif sur la croissance économique canadienne à court terme ».