Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Pixels Pixels Réseaux sociaux Réseaux sociaux Réseaux sociaux L’initiative survient presque deux ans après l’arrêt par Meta du fact-checking aux Etats-Unis, remplacé par ce système fondé sur des contributions d’internautes. Plusieurs études ont montré que ce dispositif était moins efficace que le travail de professionnels pour lutter contre la désinformation. Meta a annoncé, mercredi 9 septembre, le lancement en phase de test dans seize pays d’Amérique latine des « notes de la communauté » (community notes), des contributions d’internautes qui ont vocation à remplacer le fact-checking sur ses réseaux sociaux. L’initiative survient un peu moins de deux ans après la transition effectuée par Meta aux Etats-Unis du fact-checking vers ce système participatif. Ces notes sont produites par des utilisateurs référencés estimant qu’un message nécessite des précisions ou de la contextualisation, le plus souvent en y joignant des sources. Si suffisamment d’autres contributeurs ayant des points de vue variés jugent ces notes utiles, elles seront publiées sur la plateforme concernée, Facebook, Instagram ou Threads. Plusieurs études ont montré que ce dispositif était moins efficace que le travail de professionnels du fact-checking pour lutter contre la désinformation. Elections de dirigeants populistes en Amérique latine Lorsque sera constituée une communauté de contributeurs en Amérique latine, « nous espérons [que les notes des internautes] deviendront le nouveau standard de nos plateformes », a expliqué Meta, mardi. Mercredi, Angie Holan, directrice du Réseau international de vérification des faits, dont l’Agence France-Presse (AFP) est membre, s’est dite « profondément inquiète » de cette annonce. « Les notes de la communauté seules ne sont tout simplement pas adéquates quand il s’agit de réduire l’impact de la désinformation (…) sur les réseaux sociaux », a prévenu la responsable, dans une réaction transmise mercredi à l’AFP. L’arrivée des notes de la communauté se produit alors que plusieurs pays de la région ont vu récemment l’élection de dirigeants populistes de droite, notamment au Pérou, en Colombie et au Costa Rica, après le Chili et l’Argentine. Ces dirigeants utilisent de façon intensive les réseaux sociaux, en proie à la désinformation, pour améliorer leur image et diffuser leur propagande. Certains ont été accusés d’avoir usé de groupes d’internautes très actifs pour donner l’impression d’un fort soutien populaire. Des notes complémentaires du fact-checking « Les journalistes de vérification numérique de l’AFP ont fait un travail remarquable durant les huit dernières années en Amérique latine pour améliorer la qualité de l’écosystème de l’information », a commenté Phil Chetwynd, directeur de l’information de l’Agence France-Presse. « Leur travail a été régulièrement salué par Meta, les responsables politiques et les médias », a-t-il ajouté. L’AFP participe dans plusieurs langues à un programme de vérification numérique développé par Facebook, qui rémunère des dizaines de médias et organisations à travers le monde pour utiliser leurs fact-checks sur sa plateforme, sur WhatsApp et sur Instagram. Meta fait valoir que plus de 1,4 million d’utilisateurs participent aux notes de la communauté aux Etats-Unis. Le volume des messages a dépassé celui des fact-checkers indépendants et « apparaît souvent plus rapidement », selon la multinationale américaine. « Les études sérieuses laissent penser que les notes de la communauté ne peuvent être pertinentes que lorsque les contributeurs peuvent s’appuyer sur du journalisme de vérification numérique réalisé de façon précise et déontologique, a fait valoir Phil Chetwynd. Le fact-checking et les notes de la communauté doivent aller de pair. Ce qui compte, c’est la qualité des notes, pas leur quantité. » Le Monde avec AFP