Après plusieurs années de discussions, près de 130 pays ont trouvé samedi un accord à l’ONU sur un texte définissant les armes autonomes comme les drones, une première étape avant des négociations pour un traité international.Ces discussions, menées par le groupe d’experts gouvernementaux (GGE) sur les systèmes d’armes létales autonomes, ont abouti dans la nuit de vendredi à samedi à Genève.« Des nouvelles positives en provenance de Genève : 128 États sont parvenus à un consensus », a annoncé samedi le ministre néerlandais des Affaires étrangères Tom Berendsen, dont le pays préside les discussions.« Alors que la technologie militaire évolue rapidement, cela marque une étape importante dans la réglementation de ces systèmes », a-t-il ajouté sur X.Les armes autonomes sont généralement définies comme des armes capables de sélectionner leurs cibles et d’employer la force sans intervention humaine.

Ces systèmes, tels que les drones d’attaque autonomes, sont déjà utilisés sur les champs de bataille.Comme plusieurs organisations de la société civile, le CICR appelle les États à adopter « des règles juridiquement contraignantes qui interdisent les armes autonomes imprévisibles et celles qui sont conçues et utilisées pour exercer directement la force contre des personnes ».Et à « réglementer strictement la conception et l’utilisation de toutes les autres armes autonomes ».Au sein de l’ONU, les États discutent des armes autonomes depuis plus d’une décennie.Le mandat du groupe d’experts gouvernementaux a pris fin cette semaine et les pays ont réussi à se mettre d’accord sur un texte énonçant des principes de base.États-Unis et RussieSelon Nicole van Rooijen, directrice exécutive de la coalition internationale Stop Killer Robots, qui a suivi de près les discussions, le texte final « donne une définition des armes autonomes ».« Il aborde également la manière dont le droit international humanitaire doit s’appliquer à ces armes et affirme la nécessité d’un contrôle humain significatif sur ce genre d’armes. C’est le point majeur », a-t-elle expliqué à l’AFP.« Ce qui manque dans le rapport, c’est toute la question des armes autonomes antipersonnel. Il s’agit vraiment d’une grosse omission », a-t-elle indiqué.Elle distingue des systèmes autonomes destinés à frapper des objectifs militaires et des systèmes capables de sélectionner et d’attaquer directement des personnes. Selon elle, ces derniers devraient faire l’objet d’une interdiction totale.Selon Nicole van Rooijen, « plusieurs États, notamment les États-Unis, la Russie et leurs alliés, ont cherché à affaiblir progressivement le texte » au cours de la semaine.En novembre, les États décideront de la suite à donner au rapport et s’ils ouvrent des négociations sur un traité encadrant ces armes, une décision qui devra faire consensus.Selon Lex International, un fonds philanthropique basé à Genève, « les États-Unis, la Russie, l’Inde et Israël figurent parmi les principaux opposants aux négociations ».Et « les gouvernements du Brésil, de l’Irlande et de la Norvège mènent les efforts visant à lancer de telles négociations en novembre ».Cette semaine à Genève, le Brésil, au nom de 47 États, et l’Algérie, au nom des États africains, ont appelé à l’ouverture de négociations. Cela porte à plus de 70 le nombre d’États favorables à cette démarche, a salué Georgia Hinds.