Sur la place « l’Orient est rouge » de Nanjie, des touristes se font photographier devant la statue de plusieurs mètres de haut de Mao Zedong, dont la blancheur éclatante est intacte 50 ans après sa mort.Le souvenir du Grand Timonier continue à attirer les Chinois dans la localité du Henan, dans le centre du pays. Nanjie est souvent décrite comme le « dernier village maoïste de Chine » et sa population maintient un système collectiviste dans l’esprit de l’ancien leader, disparu le 9 septembre 1976.La mémoire précise de ce qu’ont été les années Mao s’estompe dans un pays qui est passé à une économie de marché socialiste. En même temps, dans une Chine confrontée au ralentissement de sa croissance et aux inégalités, la nostalgie d’idéaux égalitaires associés à cette époque va grandissante, favorisée par la censure pesant sur les chapitres les plus sombres des 27 années de pouvoir de Mao.Près d’une des innombrables fresques murales à l’image de Mao à Nanjie, Xie Kaiyue, une étudiante de 22 ans, évoque avec tendresse celui qui a mené la révolution communiste de 1949.« Je lui voue un grand respect, même si je n’ai pas connu cette période », dit-elle. « Je trouve que les jeunes du village, et moi-même d’ailleurs, n’avons pas la même force de caractère qu’autrefois. »À proximité, des voiturettes électriques convoient des visiteurs auxquels des guides expliquent comment l’organisation des entreprises locales en coopératives, vestige de l’économie planifiée, finance le logement gratuit dans les immeubles couverts de slogans socialistes.
Un demi-siècle après sa mort, le souvenir de Mao fait place à la nostalgie
La mémoire précise des chapitres les plus sombres de ses 27 années au pouvoir s’estompe peu à peu dans le pays.










