Instauré en 1996, le programme Je vote au Québec d’Élections Québec a bien évolué. Depuis sa création, il a permis d’initier un public adulte au système électoral québécois et à l’exercice du droit de vote.
L’initiative a été mise en place par souci d’équité, afin que tous les électeurs et électrices québécois puissent participer au processus électoral, explique Julie St-Arnaud Drolet, porte-parole d’Élections Québec. Au début des années 1990, le constat était que les citoyens issus des communautés ethnoculturelles votaient moins que les autres, explique-t-elle.Après avoir mené une consultation auprès de ces communautés et de leurs intervenants, Élections Québec a observé une méconnaissance du système québécois. « Ils lisaient moins les grands médias et rencontraient des difficultés d’accès aux renseignements dues aux différences linguistiques. C’est pourquoi l’institution a commencé à développer des outils d’information et d’éducation destinées aux personnes immigrantes », ajoute Julie St-Arnaud Drolet.Si, à la base, le programme s’adressait précisément aux nouveaux citoyens canadiens issus de différents groupes ethnoculturels, la clientèle visée s’est depuis élargie, selon Élyse Bolduc, conseillère en éducation et en démocratie à Élections Québec. Ainsi, les personnes qui ont un parcours de vie différencié, qui habitent dans des régions où le taux de vote est plus bas, qui sont en insertion socioprofessionnelle, en formation ou en alphabétisation peuvent également bénéficier de cette initiative. « On travaille beaucoup avec les carrefours jeunesse-emploi, les centres d’éducation des adultes, ainsi que les bibliothèques publiques », explique Mme Bolduc.De la théorie à la pratiqueÀ l’origine, les notions étaient transmises de manière « très théorique », raconte Élyse Bolduc. « Il y avait beaucoup d’informations trop pointues pour être comprises par des personnes en francisation. »L’atelier a donc été révisé pour être proposé dans une formule participative. « On l’a monté en testant des choses sur le terrain et on prenait le pouls des gens pour s’assurer de leur fournir le bon niveau de connaissances sans qu’ils se sentent dépassés », indique la conseillère.Aujourd’hui, les ateliers d’une durée d’environ deux heures en présentiel ou 90 minutes en ligne peuvent être offerts par des formateurs d’Élections Québec se déplaçant dans différents établissements. « On peut aussi envoyer une trousse autoportante à une personne responsable dans les établissements si elle en fait la demande », souligne Élyse Bolduc. Ainsi, bibliothécaires, intervenants et autres professionnels ont en main des urnes, des isoloirs et d’autres outils pour diriger eux-mêmes l’activité.








