Monde EuropeUnion européenne. Après des années de proximité avec Moscou sous Viktor Orban, le nouveau gouvernement hongrois a annoncé mardi l’expulsion de dix diplomates russes. Si Budapest espérait maintenir des relations amicales, la Russie a déjà promis une riposte.Par Juliette Garnier avec ReutersarticleLecture 4 MinPublié le 08/09/2026 à 16:16Anita Orban, la conseillère diplomatique de Péter Magyar, vainqueur des législatives du 12 avril en Hongrie.ZIGA ZIVULOVIC/EPA/MaxPPPVirage serré. Le gouvernement hongrois a annoncé, ce mardi 8 septembre, l’expulsion de 10 diplomates russes dans un communiqué. La ministre des Affaires étrangères, Anita Orban, a précisé que les personnes concernées "étaient engagées dans des activités en Hongrie qui sont inacceptables pour les diplomates en vertu de la Convention de Vienne", c'est-à-dire avec les règles fondamentales du droit international. Coup durLa responsable politique a toutefois souhaité ajouter que "cette décision (...) n'implique pas de rompre les relations diplomatiques avec la Russie. ⁠La Hongrie a l'intention de poursuivre le dialogue nécessaire". Pas sûr que cette précision apaise Moscou. Dans la foulée, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a assuré, auprès de l’agence de presse publique TASS, que "la réponse au lobby russophobe de Budapest sera dure et douloureuse". Il faut dire que Moscou n’avait pas été habituée à un tel traitement de la part de la Hongrie et de son ancien dirigeant d’extrême droite durant seize ans : Viktor Orban. Ce dernier s’était imposé comme le soutien européen le plus solide de Vladimir Poutine, et ce malgré l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Parmi les 27, l’ancien Premier ministre avait notamment été le seul à poser son veto contre une aide exceptionnelle de 90 milliards d’euros européenne à destination de Kiev. Alors que la plupart de ses voisins et partenaires européens avaient cessé tout achat de gaz et de pétrole russes, la Hongrie, elle, n’avait pas changé ses habitudes. Dans la même ligne, aucun des diplomates russes présents sur le territoire hongrois n’avait été expulsé depuis 2018. Jusqu’à l’annonce fracassante ce mardi d’Anita Orban qui, malgré le nom de famille similaire, n’est pas en famille avec l’ancien chef de l’Etat.Rapprochement avec l’EuropeToutefois, le vent avait déjà commencé à tourner depuis quelques mois. Élu lors des élections législatives du 12 avril dernier, le nouveau Premier ministre, Péter Magyar, et son gouvernement de centre-droit avaient déjà affirmé à plusieurs reprises que les principales alliances de la Hongrie sont l’Union européenne et l’Otan. Par exemple, en mai, lors d'une audition parlementaire, la ministre Anita Orban avait déclaré que la Russie "resterait un partenaire" mais que la relation ne pouvait pas être basée sur "une dépendance unilatérale". Elle avait même ajouté que les politiques de la Russie posent un défi sécuritaire à la fois pour la Hongrie et pour l'Europe.Ces déclarations se sont accompagnées de preuves. Moins de deux semaines après son accession au pouvoir, Peter Magyar avait levé le veto imposé par Viktor Orban et permis à l’Union européenne de verser les 90 milliards d’euros d’aide qu’attendait Volodymyr Zelensky. Le nouveau dirigeant hongrois a aussi mis fin au au blocage de l’ouverture des négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.