Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Société Société Société Tribune Véronique de Geoffroy Directrice du Groupe Urgence Réhabilitation Développement Pablo Servigne Chercheur indépendant Lors des incendies, cet été, des volontaires se sont mobilisés pour prêter main-forte aux secours et aux populations. Le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, présenté le 8 septembre, doit être l’occasion de reconnaître cette aide, soulignent le chercheur Pablo Servigne et la directrice de l’organisation humanitaire Groupe URD, Véronique de Geoffroy. Publié hier à 06h30, modifié hier à 16h33 Temps de Lecture 5 min. Article réservé aux abonnés Près de 120 000 hectares sont partis en fumée en France depuis le début de l’année, un record : Perpignan, Die (Drôme), le Var, l’Aude, la forêt de Fontainebleau ou la Gironde, ravagée par le deuxième plus grand incendie recensé en France depuis 1949. A chaque fois, des habitants, bénévoles ou volontaires, se sont mobilisés en plus des secours officiels. Le gymnase de Die est devenu en quelques heures une base arrière pour les pompiers, ravitaillée par des centaines d’habitants de la vallée. En Gironde, une noria de tracteurs et de citernes bricolées a alimenté les pompiers en eau. Des plateformes numériques ont porté des milliers de propositions entre particuliers pour des solutions d’hébergement, de transport ou de matériel. Ces mouvements spontanés d’habitants ne sont pourtant pas accueillis de la même façon par tous. Le 26 juillet, la préfète de la Gironde, représentante de l’Etat, demande aux agriculteurs volontaires de ne pas « [se promener] un peu partout à la recherche des pompiers » et de s’inscrire d’abord sur un formulaire en ligne, pour « que ce soit organisé ». Au même moment, sur le terrain, un pompier confie que, faute d’eau, « les volontaires [les] sauvent ». A Die, un élu récemment installé résume l’auto-organisation des bénévoles, « une improvisation totale, mais ça fonctionne bien », un aveu que rien n’est prévu pour un phénomène qui se produit pourtant à chaque fois. Cette lacune tient à des croyances partagées par les habitants autant que par les institutions, celles d’une population qui, en temps de crise, serait passive, gênante, voire nuisible, et qu’il faudrait tenir en respect. Ces croyances trouvent toujours des exemples pour se justifier, un acte malveillant (rare en temps de crise) ou une mauvaise préparation, comme cet été lorsque des avions ont dû retarder un largage à cause de volontaires trop proches de la zone ciblée. Mais gageons que cette mésentente tient moins à l’imprudence des volontaires qu’au manque de préparation et de coordination en amont avec les institutions elles-mêmes. Puisque cette solidarité surgit de toute façon, mieux vaut l’avoir préparée et coordonnée en amont que la subir, désordonnée, au pire moment. Il vous reste 72.88% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Les feux de forêt nous rappellent que, quand une crise frappe, l’Etat doit soutenir l’entraide plutôt que la contrôler »
TRIBUNE. Lors des incendies, cet été, des volontaires se sont mobilisés pour prêter main-forte aux secours et aux populations. Le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, présenté le 8 septembre, doit être l’occasion de reconnaître cette aide, soulignent le chercheur Pablo Servigne et la directrice de l’organisation humanitaire Groupe URD, Véronique de Geoffroy.






