Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Incendies Incendies Incendies Tribune Romain Pudal Sociologue L’ancien sapeur-pompier volontaire et directeur de recherche au CNRS dénonce le manque de moyens humains face aux incendies successifs et invite, dans une tribune au « Monde », à repenser notre système de sécurité civile. Publié aujourd’hui à 06h30, modifié à 10h34 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés L’été est loin d’être terminé, et les feux qui ravagent de nombreuses régions de France ont causé des dommages considérables. Des histoires de vies parties en fumée, des exils forcés, de profondes souffrances psychologiques, des écosystèmes dévastés, sans compter le coût économique considérable lié à ces destructions massives. Comme rarement auparavant, celles-ci ont profondément éprouvé les forces de secours, au premier rang desquelles les sapeurs-pompiers. On dénombre parmi eux quatre morts et de nombreux blessés, dont plus d’une centaine d’intoxiqués. Ce bilan non consolidé, déjà extrêmement lourd, trahit un manque cruel de moyens pour intervenir rapidement et en sécurité et devrait être le déclencheur d’une prise de conscience collective. Il ne dit rien non plus des dommages, à long terme, sur la santé des intervenants de première ligne, ni du coût psychologique d’avoir eu à lutter contre des incendies aux allures d’apocalypse. Encore faut-il pour cela éviter de tomber dans les pièges d’un vocabulaire trompeur – « inédit », « inouï », « imprévisible » – qui dissimule une réalité bien connue avec laquelle il nous faut dorénavant vivre : le réchauffement climatique et son cortège de catastrophes. Qui plus est, la rhétorique de la guerre, à laquelle certains recourent, laisse entendre que nous serions face à un ennemi à combattre au prix de tous les sacrifices. Elle se révèle à travers le choix d’un terme, les pompiers « héros », que l’ensemble des neuf syndicats de la profession vient de récuser fortement dans un communiqué commun appelant à repenser de fond en comble notre système de sécurité civile. Rhétorique de l’exception Non, « les pompiers ne sont pas des héros », écrivent-ils, et ils ne doivent pas être vus comme tels. Car, si leur métier est dangereux, ils sont avant tout des travailleurs, qui doivent être suffisamment nombreux, formés et équipés pour remplir leurs missions sans y laisser leur peau. Ces rhétoriques de l’exceptionnalité et de la guerre empêchent de repenser sérieusement notre système de sécurité civile. Il vous reste 68.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Romain Pudal, sociologue : « Les pompiers ne sont pas des “héros”, ils sont avant tout des travailleurs »
TRIBUNE. L’ancien sapeur-pompier volontaire et directeur de recherche au CNRS dénonce le manque de moyens humains face aux incendies successifs et invite, dans une tribune au « Monde », à repenser notre système de sécurité civile.










