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ReportageLa préfecture des Pyrénées-Orientales est, selon les études, la plus ségréguée scolairement de France. La ville est scindée entre des établissements privés, qui font partie des plus favorisés du pays, et des écoles et des collèges publics qui pointent, pour la quasi-totalité, à l’exact opposé de l’échelle sociale.
La file de voitures serpente sur des dizaines de mètres, au pied des remparts médiévaux de la citadelle de Perpignan. Comme tous les matins, 8 h 30 passées, la quinzaine de places d’arrêt minute ne jugule plus le flot de véhicules venus de toute la ville pour s’engouffrer dans la rue à sens unique qui dessert l’école privée Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus. Au compte-gouttes, chacun s’arrête à hauteur du portail blanc, devant lequel les portières s’ouvrent pour laisser jaillir les petites silhouettes chargées de leur cartable et leurs parents pressés.
Le courant de la circulation semble avoir été détourné de l’autre partie de la rue où, un peu plus bas, d’autres parents et élèves convergent vers l’entrée de l’école publique Jordi-Barre. Ici pas de défilé de voitures, ni d’ailleurs de place pour se garer. La plupart des familles ne viennent qu’à pied, en grimpant la rue adjacente qui monte du quartier Saint-Mathieu, l’un des plus précaires de la ville.













