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Entretien« Je ne serais pas arrivé là si… » Chaque semaine, « Le Monde » interroge une personnalité sur un moment décisif de son existence. Le dessinateur rescapé de l’attentat contre « Charlie Hebdo » évoque notamment sa rencontre décisive avec Cabu.
C’est à Tours, sa ville natale, que Luz (Renald Luzier de son vrai nom), 54 ans, a donné rendez-vous, au pied des immeubles où il a grandi. Il y a une aire de jeu pour enfants, de vieilles dames qui promènent leur chien, et l’ancien membre de l’équipe de Charlie Hebdo, assis sur un banc, qui raconte à cœur ouvert les fantômes de janvier 2015, la bienveillance de Cabu et sa relation viscérale au dessin, sujet central de son premier essai, Un diamant dans les gravats (Stock, 288 pages, 20,50 euros), sorti le 19 août.
Si, enfant, je n’avais pas sillonné les brocantes en Touraine avec mes parents. J’étais obsédé par les disques des années 1970, période qui n’était éloignée que d’une quinzaine d’années en arrière. J’achetais de vieux numéros de Rock & Folk et de Best, en quête d’infos sur Bowie ou sur Led Zeppelin. Ma première rencontre avec Charlie Hebdo date également de là, si j’exclus mes lectures des albums de Reiser, qui étaient très mal cachés chez mes parents – en particulier Phantasmes, dont je garde un souvenir… mouillé. En brocante, ma mère achetait plutôt des bijoux et des vases, et mon père, des tableaux et des meubles, qu’il retapait. Les pochettes de disque et les croûtes que nous rapportions à la maison ont façonné ma culture graphique. Ces objets m’ont également sauvé a posteriori.








