Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Cartes vermeil Cartes vermeil Cartes vermeil « Cartes vermeil ». Une fois par mois, un de nos journalistes raconte comment on vieillit hors de nos frontières. De nombreux Coréens septuagénaires n’ont pas pu aller à l’école dans leur enfance. A Séoul, un centre d’alphabétisation offre aux 70-85 ans la possibilité de rattraper ces enseignements. Read in English Article réservé aux abonnés Yoo Gyeong-sun a dû attendre ses 72 ans pour enfin apprendre à lire et à écrire. Née en 1952, en pleine guerre de Corée, dans la province de Gangwon, elle est la seule d’une fratrie de six enfants à n’avoir jamais été scolarisée. « Ce n’était pas à cause de la pauvreté. La situation financière de mes parents était plutôt stable. Mais mon père était convaincu que les filles devaient rester à la maison et que l’aînée devait s’occuper de ses frères et sœurs », confie-t-elle. Inscrite sous l’impulsion de sa fille dans un centre d’alphabétisation pour adultes dans le district de Mapo, à Séoul, elle suit depuis 2025 des cours équivalents au niveau d’école élémentaire. La société coréenne a longtemps été marquée – et l’est encore – par une organisation familiale patriarcale, héritée des valeurs confucéennes (valeurs fondées notamment sur une forte hiérarchie familiale, le respect absolu des aînés, la filiation masculine, et une distinction forte des rôles des hommes et des femmes). Jusqu’à son abolition effective en 2008, le système du hojuje faisait officiellement de l’homme le chef de famille, tandis que la femme était légalement soumise à une triple autorité masculine au cours de sa vie : d’abord celle du père, puis du mari et, éventuellement, du fils aîné. Lee Jeong-yeon en a aussi fait l’expérience. Née en 1941 à la campagne, sur l’île de Geoje, au large de la côte sud, dans les dernières années de la colonisation japonaise, elle a connu la famine. Sa mère insistait pour qu’elle travaille dans les champs, affirmant que les filles n’avaient pas besoin de diplômes pour gagner de l’argent. « Bien sûr, mes deux grands frères sont allés à l’école, l’un jusqu’au collège et l’autre au lycée. J’étais très jalouse des garçons avec leur cartable », se remémore-t-elle, à 85 ans. Il vous reste 72.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
En Corée du Sud, des cours pour les seniors qui n’ont pas eu accès à l’éducation : « Mon père était convaincu que les filles devaient rester à la maison »
« Cartes vermeil ». Une fois par mois, un de nos journalistes raconte comment on vieillit hors de nos frontières. De nombreux Coréens septuagénaires n’ont pas pu aller à l’école dans leur enfance. A Séoul, un centre d’alphabétisation offre aux 70-85 ans la possibilité de rattraper ces enseignements.






