Le gérant d'un salon de tatouage d'Arras est jugé à partir de vendredi 4 septembre devant la cour criminelle du Pas-de-Calais, à Saint-Omer, pour des viols et agressions sexuelles sur 16 clientes, ce qu'il conteste. L'homme de 54 ans est accusé du viol de cinq femmes et d'agressions sexuelles sur onze autres, pour des faits commis entre 2006 et 2023 dans le cadre de son activité professionnelle. La quasi-totalité se seraient déroulés dans son commerce à Arras. Ils sont assortis, pour les 16 plaignantes, de la circonstance aggravante d'abus d'autorité.

En octobre 2023, après une plainte déposée par une cliente, le tatoueur avait été interpellé dans son salon, puis mis en examen. Il est depuis lors en détention provisoire. Tout au long de la procédure, il a contesté les déclarations des plaignantes, les dénigrant et expliquant notamment ces accusations par leur volonté d'obtenir des dommages et intérêts ou par l'influence qu'aurait exercée, selon lui, une concurrence jalouse de son succès. Contacté par l'AFP, son avocat, Mathieu Strubbe, n'a pas souhaité s'exprimer avant l'ouverture du procès.

"Ces femmes ne se connaissaient pas, elles n'avaient pas de contacts entre elles. Notre cliente a été traumatisée de la situation et c'est seulement après un article de presse sur l'affaire qu'elle a osé pousser la porte d'un commissariat", affirme pour sa part Emmanuel Riglaire, avocat de l'une des plaignantes. Ces femmes, dont certaines très fragiles, ont décrit aux enquêteurs un mode opératoire similaire.