Mercure révélant ses « quatre saisons », capturée par la sonde spatiale euro-japonaise BepiColombo, le 4 septembre 2024. AGENCE SPATIALE EUROPÉENNE/AFP

Après huit ans de voyage vers Mercure, la plus petite et la plus méconnue des planètes du Système solaire, la double sonde européo-japonaise de la mission BepiColombo amorce, jeudi 3 septembre, une arrivée à haut risque vers sa destination finale, après la séparation des deux sondes − encore attachées ensemble − du module de transfert qui les avait propulsées jusque-là.

Lancé en octobre 2018, l’engin de 4 tonnes a dû effectuer un parcours de plus de 10 milliards de kilomètres et neuf survols de planètes pour ajuster sa vitesse et sa trajectoire afin d’approcher la planète la plus proche du Soleil.

A partir d’avril 2027, la sonde MPO (Mercury Planet Orbiter) de l’agence spatiale européenne (ESA) doit l’étudier avec une précision inégalée, la frôlant à seulement 480 km de sa surface. La sonde Mio (Mercury Magnetospheric Orbiter) de l’agence spatiale japonaise s’intéressera, elle, à son environnement spatial et notamment à son champ magnétique, en suivant une orbite elliptique s’éloignant jusqu’à 11 000 km.

Mais avant cela, BepiColombo a entamé jeudi une délicate phase d’arrivée de plusieurs mois, jalonnée d’opérations « à haut risque », selon Ignacio Tanco, responsable des opérations des missions vers le Système solaire interne à l’ESA. L’environnement extrême de la planète – soumise à des températures allant de − 180 °C à 450 °C et à des rayonnements solaires intenses – rend l’insertion orbitale particulièrement périlleuse.