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ReportageA Zaoutar El-Gharbiyé, Froun et Srifa, villes devenues « zones pilotes » en juillet, l’armée libanaise tente de se déployer, tandis que des habitants essaient de revenir dans leurs maisons détruites. Parallèlement, les bombardements israéliens se poursuivent à proximité.

A Zaoutar El-Gharbiyé, le fracas d’une pelleteuse de l’armée libanaise déblayant la route couvre par moments la voix d’Abbas Mostafa. Devant ce qui reste de sa maison, il tente, avec son fils, Ali, de récupérer quelques affaires dans les gravats. « Les vêtements des enfants surtout », dit-il, des gouttes de sueur perlant sur son visage sous la chaleur écrasante. Il désigne les bâtiments éventrés autour de lui. « Regardez, là, ils ont fait exploser tout ce quartier. »

A quelques mètres, Ali montre un petit muret de terre qui coupe désormais la route devant sa maison. Derrière commence la partie du village dans laquelle les habitants ne peuvent toujours pas revenir, car occupée par l’armée israélienne. « Une vingtaine de maisons de ma famille se trouvent de l’autre côté », explique Abbas Mostafa, obligé de louer un appartement à Wardaniyé, dans la région du Chouf plus au nord, avec sa femme et leurs trois enfants. « Mais rien que d’avoir pu remettre les pieds sur ma terre, ça n’a pas de prix », dit l’homme de 37 ans avec un grand sourire.