MondeLa Russie de Vladimir PoutineGuerre en Ukraine. A partir de leurs 13 ans, les élèves russes seront formés à la pratique martiale. Une décision prise par le ministère de l'Education nationale pour renflouer les troupes russes.Publié le 31/08/2026 à 16:57Lors de la rentrée des classes à Vladivostok, le 31 août 2026.ZUMA PRESS/MAXPPPCe 1er septembre, les écoliers russes feront leur rentrée. Pour les collégiens et les lycéens, il faudra se préparer à un changement de programme. A la suite d'une décision du ministère de tutelle, le cours d'éducation civique, obligatoire, inclura désormais un entraînement militaire. Ces leçons, baptisées "fondements de la sécurité et de la défense de la patrie" représenteront la moitié des heures accordées à la matière, indique le média américain, Bloomberg.Si les enseignements militaires n'ont rien d'inédit dans le pays, ils étaient jusqu'alors réservés aux lycéens. Désormais, à partir de 13 ans, les jeunes Russes apprendront à identifier diverses armes, dont les mitrailleuses, les mines, les grenades à main et autres engins explosifs. Puis les rudiments de médecine de guerre, de premiers secours, des techniques de survie en zone de conflit, de discipline militaire, ainsi que l’étude de la doctrine de sécurité nationale, seront également enseignés. Enfin, les écoliers apprendront à réagir en cas d'exposition à des produits chimiques ou à des rayonnements ionisants. Le sacrifice ultime pour la patrieDans les colonnes de Bloomberg, l’enseignant russe en exil, Pavel Talankin, coréalisateur du documentaire oscarisé "Mr. Nobody contre Poutine" sur la propagande de guerre à l’école, dénonce une pédagogie qui banalise le sacrifice ultime et laisse penser aux adolescents que leur vie compte moins que la cause nationale. "Si nécessaire, il faut mourir pour la patrie, en brandissant le drapeau et en se précipitant sous le feu ennemi sans poser de questions", résume-t-il. Cette réforme du programme scolaire s’inscrit dans une militarisation plus large de l’école russe. Le but ? Doper le recrutement alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année et que le Kremlin peine de plus en plus à renflouer ses rangs. Pour remédier à ce manque d’hommes, Moscou est à la recherche d’environ 400 000 recrues par an. Depuis février 2022, date qui marque le début de la guerre, 1,5 million de morts et de blessés sont à déplorer côté russe, selon les "estimations occidentales" mises en lumière par Bloomberg. La guerre présente dans 95 % des établissements Et cette dynamique ne se restreint pas à un changement de programme dans l'éducation civique. Désormais, des vétérans du front ukrainien interviennent directement dans les écoles, y compris en maternelle. Dans ces classes, ils vantent les mérites de l'invasion russe ainsi que la politique martiale de Vladimir Poutine. Une initiative d'ampleur : selon une enquête de l'organisation éducative et de propagande du Kremlin, Znanie, menée auprès de plus de 2600 enseignants et directeurs, 95 % des établissements scolaires organisent des événements consacrés à la guerre en Ukraine, plus de 80 % invitent des combattants à s'adresser aux élèves et près de 75 % proposent des cours spéciaux sur la guerre. En dehors des murs de l’école, d’autres moyens ont été mis en place pour inculquer la culture martiale aux enfants. Entre autres, le célèbre jeu de guerre issu de l’ère soviétique, Zarnitsa, a fait sa réapparition. Lancé à grande échelle à travers le pays, des rôles sont attribués aux jeunes : tireurs, opérateurs de drones, démineurs… Grandeur nature, ils reproduisent le champ de bataille, sous prétexte de laser game ou de jeu de réalité virtuelle. En 2026, 2,5 millions d’enfants y ont pris part pour un budget fédéral annuel de 20 milliards de roubles (environ 200 millions d’euros). Au total, le budget consacré à l'"éducation patriotique" a atteint 70 milliards de roubles, cette année. 20 fois plus qu’en 2021, l'année précédant la guerre.
De l'école au champ de bataille : comment la Russie prépare sa jeunesse à la guerre
A partir de leurs 13 ans, les élèves russes seront formés à la pratique martiale. Une décision prise par le ministère de l'Education nationale pour renflouer les troupes russes.








