La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a annoncé lundi qu’elle souhaite accélérer le passage vers le privé pour les Québécois en attente d’une chirurgie. Son approche va à contre-courant des façons de faire de Santé Québec et de l’ex-ministre de la Santé, Christian Dubé.En point de presse à Saint-Colomban, dans la circonscription de Bellefeuille, Mme Fréchette a notamment dit vouloir raccourcir de trois mois la période avant laquelle un patient en attente d’une chirurgie pourra être référé dans une autre région ou, encore, vers le secteur privé, sans toutefois avoir à payer.« Après six mois [d’attente], une intervention pourra être proposée ailleurs dans le réseau public et après neuf mois, dans le secteur privé pour certaines chirurgies », a fait savoir sa formation politique.La CAQ juge que la mesure se fera à coût nul, en raison d’une « réduction de ses dépenses administratives » de Santé Québec. La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a évalué cette compression à 2 % du budget de 48 milliards de dollars de Santé Québec. En clair : à 960 millions de dollars.Des chirurgies plus chères au privéLa promesse de Mme Fréchette rompt avec l’approche de Santé Québec. Cette dernière disait en juillet pouvoir faire fondre de moitié la liste d’attente en chirurgie au cours des prochains mois. Cela, sans que la vaste majorité des patients ne soient transférés au privé, là où les chirurgies coûtent 35 % plus cher qu’au public, comme le révélait récemment Le Devoir.En décembre 2025, le gouvernement du Québec s’était doté d’un règlement pour que les patients en attente depuis plus d’un an puissent automatiquement être transférés dans des cliniques privées pour être opérés. Le projet n’a cependant jamais abouti, faute d’appel d’offres concluant.Pourquoi ça fonctionnerait cette fois-ci ? « Là, on a des règles qui vont nous assurer d’être en phase avec nos volontés et la réalité du terrain » a répondu Mme Fréchette.À contre-courant d’une loi caquisteAutre changement de cap : la cheffe caquiste « souhaite ouvrir la discussion » sur la pratique mixte des médecins. Ceux-ci pourraient exercer au public comme au privé, en assurant une présence minimale au public.L’ex-ministre de la Santé, Christian Dubé, avait travaillé à limiter les allers-retours entre les réseaux public et privé. Il a notamment légiféré pour obliger les médecins à obtenir l’accord de Santé Québec avant de se « désaffilier » et d’aller pratiquer au privé. M. Dubé a aussi imposé aux médecins une obligation de travailler pendant cinq ans dans le réseau public en début de carrière. L’ex-premier ministre, François Legault, avait évoqué la possibilité d’utiliser la disposition de dérogation pour forcer les nouveaux médecins à exercer au public.Lundi, la cheffe de la CAQ n’a pas précisé si cette mesure sur les cinq années obligatoires au public tiendrait toujours dans un gouvernement Fréchette.La CAQ a par ailleurs réitéré son appui au projet de faculté de médecine de l’Université du Québec, dans lequel elle a déjà investi 2,3 millions de dollars. Elle souhaite aussi créer un nouveau statut d’infirmière spécialisée dans les soins aux aînés, de même qu’un ordre professionnel pour les paramédics.
Fréchette à contre-courant de Dubé et de Santé Québec
La cheffe caquiste veut un retour vers plus de privé en santé, s’éloignant ainsi des orientations de Santé Québec.






