Une autre collection d’objets archéologiques est en voie d’être restituée par le Canada aux autorités mexicaines, a appris Le Devoir. La cérémonie de rapatriement concernant cette fois quelque 70 céramiques des périodes préhispaniques et coloniales aura lieu le 31 août à l’ambassade du Mexique à Ottawa.Cette restitution s’inscrit dans la vigoureuse campagne diplomatique du gouvernement mexicain lancée il y a près d’une décennie pour récupérer une partie du patrimoine du pays, notamment des trésors précolombiens dispersés dans les collections publiques et privées du monde. Mexico intervient aussi systématiquement (mais avec peu de succès) pour s’opposer à la vente aux enchères d’objets de son très riche passé olmèque, aztèque ou maya réputés sortis illégalement du pays.
La nouvelle restitution s’arrime à d’autres, très récentes, prouvant l’importance du Canada dans le trafic et les spoliations. Les objets remis à Ottawa s’ajouteront à trois autres objets récupérés récemment, en attente de leur transfert au Mexique sitôt des questions d’assurances réglées.Dans les derniers mois, le consulat du Mexique à Leamington a aussi géré la restitution d’une pièce, celui de Calgary en a reçu 19 et celui de Vancouver, 17. L’Université de Montréal a remis en 2023 une sépulture d’enfant mésoaméricain détenue par son département d’anthropologie. L’année suivante, un citoyen canadien retournait au Mexique 84 haches de pierre. Toujours en 2024, une Québécoise d’origine mexicaine remettait au consulat du Mexique à Montréal 256 pièces aztèques, mexicas et mayas collectées par elle et son père, tous deux amateurs d’archéologie, lors de fouilles sur la côte du Pacifique.Une vente aux enchèresLa restitution canadienne de ce lundi éclaire les chemins parfois tortueux empruntés par les objets spoliés. L’origine de la collection remise à l’ambassade a été établie par Marsha Paley, chineuse aguerrie, lors d’une vente aux enchères en ligne de la maison d’encan Kelsobid à Cambridge, en Ontario.« J’ai commencé à miser sur le lot, en essayant de demeurer la plus offrante, raconte par écrit au Devoir celle qui a entraîné la restitution. Lorsque j’ai compris l’importance de la collection, j’ai communiqué avec Mme Brooke Hunter, propriétaire de la maison de vente aux enchères Kelsobid, pour lui poser deux questions. Je voulais déterminer si les céramiques étaient authentiques et savoir comment la collection était arrivée au Canada. »Mme Hunter a ensuite contacté le vendeur, M. John Probert, pour lui manifester son intention d’acheter et de rapatrier au Mexique toutes les céramiques. M. Probert a finalement décidé de retirer de la vente les précieux objets et de travailler avec Mme Paley pour les rapatrier dans leur pays d’origine.







