Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M le mag M le mag Livres Livres Livres La situation au Proche-Orient depuis les massacres du 7 octobre a inspiré à l’écrivain palestinien de 37 ans son troisième roman, « Septentrionale ». Un road-trip intime et apocalyptique au sein d’une contrée à feu et à sang. Article réservé aux abonnés Un pays est-il mortel ? Et si oui, à quoi ressemble un territoire en fin de vie ? Ces questions lancinantes hantent l’existence et l’œuvre du poète et romancier Karim Kattan. Quand l’écrivain de 37 ans a quitté Bethléem, fin août 2023, il s’est dit, pour la première fois, qu’il n’allait peut-être pas revenir. « En un sens, j’avais un peu raison », constate-t-il aujourd’hui. S’il y est depuis retourné de temps en temps, la Cisjordanie, où il a grandi et où vit toute sa famille, et Jérusalem, où il a étudié jusqu’au bac, ont été à tout jamais changées après les massacres du 7 octobre. Son travail d’écrivain, lui aussi, porte les stigmates de ce basculement vers la violence totale. Son dernier roman, Septentrionale (Elyzad, le 4 septembre en librairie), se présente comme un road-trip intime et apocalyptique dans une contrée en voie de disparition. Dans le texte, pas de Jérusalem, de Bethléem ou de Gaza, pas d’Arabes ou de Juifs, pas de Palestine ou d’Israël. Les prénoms des personnages ne donnent pas d’information précise sur leur origine ethnique ou religieuse, les villes et les lieux sont rendus à leurs appellations millénaires. On reconnaît pourtant, dans ce territoire à feu et à sang que les personnages parcourent avec pour seul guide la lumière de l’étoile polaire (la septentrionale), une allégorie onirique de la situation contemporaine au Proche-Orient. « Il se passait des trucs bizarres », peut-on lire dès les premières pages. Des sauterelles carnivores, des maisons qui « prennent leurs jambes à leur cou » et se mettent à marcher, des suicides collectifs, des loups mangeurs d’hommes… Alors que lui parviennent les rumeurs (littérales et imagées) d’une série de catastrophes, Joseph fait route vers le nord. « Ce pays chelou est rendu à son destin chelou », pense Maryam, qui le prend en stop le temps d’une nuit partagée aux airs de fuite en avant. Il vous reste 78.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.