Promesse phare de la CAQ en 2018, la maternelle 4 ans ne s’est finalement pas implantée aussi vite que prévu au Québec. Pendant ce temps, en France, les enfants rentrent à l’école beaucoup plus tôt.Dans la cour de l’école Jacques-Solomon, en banlieue de Paris, les élèves manipulent sous l’œil de leur maîtresse des objets de plastique flottants dans des bacs d’eau. Ils ne sont pas encore très habiles — les plus vieux viennent d’avoir 3 ans, tandis que certains ont encore 2 ans.Au Québec, de si jeunes enfants ne mettraient jamais le pied à l’école. Mais en France, la maternelle est obligatoire dès l’âge de 3 ans. Dans certaines écoles, comme celle-ci, il est même possible d’inscrire ses enfants dès l’âge de 2 ans.Par-dessus l’épaule des enfants, Julie Simonitto surveille attentivement les objets qu’ils parviennent à attraper, saisissant chaque occasion de parler avec eux. « Ça, c’est une four-chette… tu vois, on ne peut pas prendre l’eau avec », explique l’enseignante, devant un bambin qui essaie de s’en servir comme d’une cuillère.Les jeunes enfants trouvent manifestement l’activité très amusante — les éclats de rire fusent dans la cour d’école. « Ça ressemble aux jeux qu’on ferait dans une crèche… mais ça n’est pas la crèche », raconte la professeure, en parlant de l’équivalent français d’une garderie. « Ici, on est à l’école, on a toujours un objectif pédagogique derrière. »« Aujourd’hui, je cherche à leur faire expérimenter des concepts liés à l’eau — qu’est-ce qui est mouillé, qu’est-ce qui flotte ? » indique l’enseignante, titulaire d’une maîtrise. « Pour apprendre des mots qui désignent des concepts complexes, il faut passer par l’expérience, sinon ça ne colle pas. »