Dans un futur tout proche, l’humanité a été décimée par un virus. À bord d’un vieil avion, Hig survole jour après jour un territoire où la nature a repris ses droits. En compagnie de Bangley, un survivaliste armé jusqu’aux dents, Hig vit dans une relative sûreté. Pour autant, Hig ne peut s’empêcher de se demander si une meilleure existence ne l’attend pas ailleurs. À moins qu’il ne s’agisse que d’un prétexte pour fuir des paysages trop intimement associés à son bonheur passé ? Entre rencontres avec des alliés de fortune et attaques de hordes d’humains déshumanisés, Ridley Scott offre, avec The Dog Stars (La constellation du chien), un film postapocalyptique efficacement réalisé, mais convenu.Le principal atout du film réside dans la composition de Jacob Elordi, dans le rôle de Hig. Révélé dans la série Euphoria, l’acteur a réussi à esquiver la réductrice désignation de sex-symbol, en multipliant les choix de cinéma intéressants, de Oh, Canada, de Paul Schrader, à Frankenstein, de Guillermo del Toro, en passant par Wuthering Heights (Les hauts de Hurlevents), d’Emerald Fennell.

Tout en intériorité, en vague à l’âme et en regards hantés, Elordi porte le film avec cette aisance propre aux stars accomplies. Inoubliable dans The Substance (La substance), de Coralie Fargeat, Margaret Qualley se voit en revanche confier, avec Cima, une partition très mince. D’ailleurs, lorsque la fabuleuse Allison Janney (I, Tonya/Moi, Tonya) débarque au troisième acte et vole brièvement la vedette, son personnage demande à celui de Qualley s’il lui arrive de parler ou si elle n’est là qu’en guise de décoration : le scénariste Mark L. Smith (Twisters/Tornades) ne semble alors pas conscient que la question aurait dû être posée « en vrai » avant le tournage.Dans le rôle de Bangley, Josh Brolin (No Country for Old Men/Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme) livre pour sa part une belle performance : sous la surface bourrue, couve une vulnérabilité qui finit par émerger. Brolin a en outre la meilleure scène du film, vers la fin. Laquelle scène inclut un numéro de danse (si l’on veut) complètement irrésistible.Il s’agit en l’occurrence du moment le plus inattendu d’un film qui, c’est son gros défaut, s’avère plutôt prévisible. Il faut dire qu’après des années de récits postapocalyptiques portés au petit et au grand écran dans la foulée du succès phénoménal de la série The Walking Dead (2010-2022), le sous-genre est en manque de renouvellement (lorsqu’il fut publié en 2012, le roman à succès de Peter Heller sur lequel le film de Scott est basé tombait pile dans l’air du temps).