Voir un artiste comme Fennesz, autant célébré pour la nature avant-gardiste de son travail, revisiter une œuvre parue il y a un quart de siècle amuse d’abord. Puis fait ensuite réfléchir : il y a tant encore à découvrir à l’intersection de la guitare et des ordinateurs, pourquoi s’intéresser au passé ? Parce qu’il s’agit de l’anniversaire d’Endless Summer, album pivot dans l’histoire des musiques électroniques de pointe sur lequel son créateur accepte de revenir pour Le Devoir avant de le faire sur scène à l’affiche du festival Mutek.« Il est vrai que je réécoute peu mes enregistrements d’alors, reconnaît Christian Fennesz. Mais cet exercice est intéressant, parce qu’il y a une telle distance entre le moment de la sortie et aujourd’hui. Ma vie était complètement différente à l’époque. Ce projet de recréer l’album sur scène, c’est un peu comme un voyage dans le passé. »« C’est intéressant. Et assez comique, aussi : en réécoutant le tout, je me demandais comment j’avais réussi à faire tel ou tel passage de l’album, d’où m’était venue cette idée-là. Ce qui est étrange, c’est l’impression que cette œuvre a été conçue par quelqu’un d’autre que moi. La rejouer sur scène, la retravailler — parce que j’ai égaré sur un disque dur quelque part une partie des pistes originales —, rassembler le tout, même réenregistrer quelques portions, tout d’un coup, ça me ramène à l’état dans lequel j’étais à l’époque. »