Publié le 27 août 2026 à 13:24. / Modifié le 27 août 2026 à 13:24.
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L’écrivain hongrois Peter Nadas, une figure majeure de la littérature européenne dont l’œuvre monumentale a exploré les traumatismes du XXe siècle, est mort mercredi à l’âge de 83 ans. Son agente littéraire Anett Orosz a confirmé sa mort à l’AFP, après une annonce sur le compte Facebook de l’écrivain. Il est décédé mercredi matin à son domicile de Gombosszeg.Peter Nadas était reconnu comme l’un des plus grands écrivains hongrois contemporains, récompensé par plusieurs prix internationaux et pressenti à plusieurs reprises pour le prix Nobel de littérature. Son œuvre a été traduite dans de nombreuses langues. Le dramaturge, romancier et essayiste était aussi connu pour des méditations nourries de son expérience personnelle de la guerre, de la dictature communiste et des bouleversements de la Hongrie contemporaine.A l’occasion de son décès, nous republions cette interview faite en septembre 2025, à l’occasion de la parution en français de ses mémoires autobiographiques.
La parution en français de Ce qui luit dans les ténèbres. Souvenirs de la vie d’un narrateur est un événement: ces quelque 1300 pages offrent beaucoup plus qu’une autobiographie. On y trouve certes un roman de formation, mais aussi la naissance et la mort d’une utopie, celle du communisme à visage humain, et un moment de l’histoire des Juifs d’Europe centrale. Tous ces éléments sont pris dans un flux narratif qui suit les méandres d’une mémoire exceptionnelle et se nourrit d’une documentation rigoureuse. Ce qui luit dans les ténèbres est une expérience de lecture radicale. Péter Nadas déploie dans ces Souvenirs un humour qui ne désarme pas devant l’horreur. On y retrouve le talent narratif qui captivait déjà dans Le Livre des mémoires et Histoires parallèles (Plon, 1998 et 2012).La matrice du récit se déroule entre 1944 – pendant le siège de Budapest par l’Armée rouge – et l’écrasement de la révolution de 1956 par les chars soviétiques. Mais la narration déborde sans cesse ce cadre, vers le passé et le futur, en enchaînements, retour des motifs, rebonds. Le premier souvenir de Péter Nadas date de 1944, il a 2 ans et le monde s’écroule devant lui, littéralement, sous les bombes.










