Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Disparitions Disparitions Disparitions Arts Arts Arts Les « polka dots », qui ont fait la renommée de la plasticienne japonaise, morte à l’âge de 97 ans, ont occulté une œuvre qui n’a cessé de se réinventer, sur plus de sept décennies, du Japon aux Etats-Unis. Article réservé aux abonnés L’art l’a « aidée à guérir », assurait-elle. De ses hallucinations, Yayoi Kusama a fait des enchantements, désorientant les sens et les esprits au fil de ses œuvres. Légende de la scène artistique japonaise et star du marché de l’art international, la plasticienne est morte le 14 août à Tokyo (son décès a été rendu public jeudi 27 août), à l’âge de 97 ans. Jusqu’à ses derniers jours, depuis l’hôpital où elle a passé près de la moitié de sa vie, elle n’a cessé de faire de ses obsessions un conte à la Lewis Carroll. Remparts à la maladie mentale, ses toiles comme ses immenses installations sont fruits d’une vie d’angoisses et de douleurs, qu’elle a métamorphosées en éclats de beauté. Grâce à l’art, elle s’est construit un équilibre fragile, dans « une compulsion à réaliser, sous une forme visible, l’image répétitive qui est en moi, décrivait-elle. Quand on libère cette image, elle submerge les limites du temps et de l’espace ». Les « polka dots », ces pois qui proliféraient dès qu’elle fermait les yeux, ont envahi son œuvre et sont devenus sa signature. Comme ces citrouilles qu’elle a déposées dans les musées de toute la planète. Mais ils ont occulté une œuvre qui n’a cessé de se réinventer, sur plus de sept décennies, du Japon aux Etats-Unis. Tout à la fois psychédélique et engagée, féministe et surréaliste. « Quand je serai vieille et mourante dans 200 ou 500 ans, j’aimerais continuer à dessiner, et quand je me réincarnerai, j’aimerais encore renaître artiste », confiait-elle en 2016. Il vous reste 85.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.