MondeGuerre Iran-IsraëlGéopolitique. L'administration américaine a annoncé lundi un renforcement des sanctions imposées aux entités et aux pays qui entretiennent des relations commerciales avec l'Iran, afin d'"asphyxier économiquement" la République islamique. Washington n'a pas précisé quels pays seraient concernés, mais la Chine est particulièrement dans son viseur.Publié le 26/08/2026 à 16:43La Chine de Xi Jinping cherche depuis longtemps à mettre en place un système financier parallèle afin de réduire sa dépendance au dollar et aux sanctions américaines.REUTERS/Tingshu Wang/File PhotoLa guerre en Iran va-t-elle sérieusement menacer les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Chine ? La coopération entre la Chine et l'Iran "s'inscrit dans le cadre du droit international et ne doit faire l'objet d'aucune ingérence ni perturbation", a mis en garde mardi 25 août Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "Pékin suit de près l'évolution de la situation et prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement ses droits et ses intérêts", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.En cause : l'offensive lancée la veille par Washington à l'encontre de Téhéran, visant "à asphyxier économiquement" la République islamique et ainsi à forcer une "fin" au conflit prolongé au Moyen-Orient. L'administration américaine a annoncé un renforcement des sanctions secondaires qu'elle entend imposer aux entités et aux pays qui entretiennent des relations commerciales avec l'Iran à travers le monde. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, chargé de présenter ces mesures, a notamment précisé que les contrevenants seraient exclus du système financier libellé en dollars. Washington n'a toutefois pas précisé nommément quels pays seraient visés, ni quand les sanctions évoquées entreraient en vigueur. Mais la Chine est dans tous les esprits. Scott Bessent a laissé entendre que Pékin ne serait pas exempté de sanctions. "S'ils facilitent les transactions et font partie de l’écosystème qui transforme le pétrole iranien en argent, en répression, ils seront pris pour cible. Nous tenons à préciser aujourd'hui que personne n'est au-dessus des sanctions américaines", a-t-il affirmé."L'exercice d'équilibriste" des Etats-UnisPrincipal partenaire commercial de l'Iran, la Chine est depuis plusieurs années le principal acheteur de pétrole iranien. Pékin importait environ 1,4 million de barils par jour avant la guerre, principalement via un réseau parallèle non déclaré de centaines de pétroliers opérant en dehors des circuits légaux habituels.Comme le précise le Washington Post, la liste du Trésor publiée lundi comprend plus d'une douzaine de petites entreprises chinoises et hongkongaises, pour la plupart liées au transport maritime et aux chaînes d'approvisionnement. Cette décision suggère que la première offensive de Washington vise à cibler les expéditions illicites vers l'Iran sans pour autant toucher directement les grandes raffineries ou banques chinoises. Une ligne de crête difficile à tenir. "Washington est confronté à un exercice d'équilibriste : isoler l'Iran économiquement tout en essayant de maintenir la stabilité des relations sino-américaines", analyse auprès du quotidien américain Wendy Cutler, ancienne négociatrice commerciale américaine et aujourd'hui vice-présidente principale de l'Asia Society Policy Institute.Isoler économiquement l'Iran de ce soutien chinois s'annonce toutefois difficile. Cela nécessiterait des sanctions de grande envergure contre les banques et les raffineries chinoises, voire des ressources militaires pour perturber un réseau en constante évolution de centaines de sociétés de transport maritime et de sociétés-écrans liées à la Chine, réparties à travers l'Asie et le Moyen-Orient, relève le Washington Post.Des sanctions contre Pékin déjà annoncées en avrilLes Etats-Unis ont déjà tenté de dissuader la Chine de poursuivre dans cette voie. En avril dernier, Scott Bessent avait adressé des courriers à deux grandes banques chinoises, non identifiées, les avertissant de possibles sanctions secondaires si des transferts de fonds iraniens étaient détectés sur leurs comptes. Quelques jours plus tard, le Trésor américain imposait des sanctions à Hengli Petrochemical, l'une des plus importantes raffineries indépendantes de Chine, pour l'achat de pétrole iranien. Le ministère du Commerce de Pékin avait réagi avec vigueur, ordonnant aux banques et aux entreprises chinoises de ne pas se conformer aux sanctions américaines imposées à cinq raffineurs.Pékin cherche depuis longtemps à mettre en place un système financier parallèle afin de réduire sa dépendance au dollar et aux sanctions américaines. Son arsenal de contre-mesures, notamment le blocage instauré en mai, a cependant des limites. Le gouvernement chinois peut protéger les entreprises des sanctions nationales, mais ne peut pas les empêcher de perdre l'accès au dollar, aux assurances internationales ou aux marchés américains.La rencontre Trump-Xi Jinping menacée ?Au-delà des banques et des raffineries, Washington a déjà tenté cette année de démanteler le réseau maritime parallèle de commerce de pétrole et de produits chimiques entre la Chine et l'Iran, en imposant des sanctions à des dizaines de navires et d'entreprises de transport maritime et en saisissant des navires sous sanctions transportant du pétrole iranien. Mais des spécialistes estiment que ces efforts pourraient être vains, dans la mesure où les réseaux ciblés s'adaptent rapidement. "Compte tenu de l’arsenal de représailles que Pékin a constitué ces dernières années, la Chine dispose de nombreux leviers pour nuire aux intérêts américains, notamment des restrictions à l'exportation, des sanctions contre les entreprises américaines et un ralentissement, voire un arrêt, des achats agricoles américains", explique Wendy Cutler.Par ailleurs, les nouvelles sanctions à l'encontre des banques chinoises pourraient compromettre les perspectives de prolongation de l'accord conclu en novembre dernier visant à maintenir l'approvisionnement en terres rares chinoises et à plafonner les droits de douane américains, relève Reuters.L'offensive américaine contre l'Iran est lancée au moment même où Donald Trump cherchait à apaiser les tensions et à conclure un accord économique plus large avec Pékin. La Chine a envoyé ces derniers mois des émissaires à Washington pour préparer une rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping prévue à la Maison-Blanche fin septembre. "Selon l'ampleur de la position américaine, il n'est pas exclu que Pékin menace d'annuler ou de reporter cette visite", indique Wendy Cutler.
Comment la Chine réplique aux sanctions économiques imposées par les Etats-Unis à l'Iran
L'administration américaine a annoncé lundi un renforcement des sanctions imposées aux entités et aux pays qui entretiennent des relations commerciales avec l'Iran, afin d'"asphyxier économiquement" la République islamique. Washington n'a pas précisé quels pays seraient concernés, mais la Chine est particulièrement dans son viseur.












