C’est la goutte d’eau qui pourrait faire déborder le vase. Ce mardi 25 août, Donald Trump a déclaré qu’il songeait à rebaptiser, le lac Ontario qui s'étend à cheval sur la frontière américano-canadienne, en "Lake America", traduisez, Lac Amérique. "Les Etats-Unis envisagent sérieusement de changer le nom du lac Ontario en Lac Amérique, dans la mesure où nous ne nous attendons plus à faire beaucoup d'affaires avec l'Ontario", a osé le milliardaire sur son réseau Truth social. Une sortie qui fait suite à l’escalade du conflit commercial entre les deux pays, sur fond de droits de douane. Un contexte de guerre commercialeSamedi dernier, à l’occasion d’une rencontre sur le sujet, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a quitté la table des négociations, estimant que Washington multipliait les exigences "injustes" envers son pays. Immédiatement, l’administration Trump a répliqué en annonçant des droits de douane de 50 % sur 20 milliards de dollars de produits canadiens. Un pari risqué pour les Etats-Unis qui sont de très loin le premier partenaire commercial du Canada (avec 70 % de ses exportations).Des surtaxes punitives que Washington avait initialement prévues pour le 19 août, puis reportées, espérant à l’époque s’approcher d’un accord avec Ottawa. Il n’en a rien été. Au contraire, le Canada est revenu à la charge mardi en instaurant des taxes douanières pouvant atteindre 50 % sur les importations américaines. "Une attitude, à la table des négociations, qui considère le Canada comme une filiale des Etats-Unis... ce n'est pas quelque chose que nous allons accepter", a justifié Mark Carney dans un communiqué publié dans la foulée. Une pratique habituelleMalgré la polémique, cette stratégie de la provocation n’a rien d’inhabituel pour l’administration Trump. Le lac Ontario s'ajoute à une longue liste de lieux que la Maison-Blanche a rebaptisés ou proposé de rebaptiser. Dans un décret de janvier 2025 intitulé "Restaurer les noms qui honorent la grandeur de l'Amérique", Donald Trump avait déjà renommé le golfe du Mexique, nom vieux de 400 ans, en "golfe d'Amérique", et le plus haut sommet d'Amérique du Nord, le Denali en Alaska, en "Mont McKinley", du nom du 25e président des Etats-Unis. Cette ancienne appellation avait été abandonnée en 2015 par l'administration Obama, au profit du nom millénaire autochtone.Si ce décret fait autorité au sein des agences fédérales américaines qui emploient désormais ces nouvelles appellations dans leurs communications officielles, les changements ordonnés par Donald Trump ont peu d’effet sur le reste du monde. Le mois suivant la publication du texte, Google Maps a par exemple annoncé que les utilisateurs américains verraient s’afficher sur la carte le nom de "golfe d'Amérique", tandis que les Mexicains liraient "golfe du Mexique". Partout ailleurs, les deux appellations s'affichent : "golfe du Mexique (golfe d'Amérique)". Quant à la prestigieuse agence américaine, Associated Press, elle continue d’utiliser le nom originel du goulot d’étranglement. Aussi, le Canada, qui abrite le plus grand nombre de lacs au monde pourra continuer de les baptiser à sa guise. Car si le nom "lac Amérique" ne semble faire sourire personne dans le Grand Nord, les Canadiens n’ont jamais manqué d’humour ni d’inspiration en la matière. Les riverains du "Stupid Lake" ou du "Big Ass Lake" pourront en témoigner.