Les ventes de billets pour la 91ème édition du festival (11-13 septembre) n’ont pas encore atteint les niveaux attendus. La situation suscite l’inquiétude des organisateurs. L’an dernier, 610 000 visiteurs s’étaient déplacés. Le site de la Fête de l’Humanité, sur l’ancienne base aérienne 217 du Plessis-Pâté, à Brétigny-sur-Orge, en Essonne. Photo Nicolas Messyasz/Hans Lucas Par Eric Delhaye Publié le 25 août 2026 à 18h28 «Nous appelons à une large mobilisation car, à ce jour, nos ressources sont insuffisantes pour aborder cette édition avec la sérénité financière nécessaire. » Alors que la Fête de l’Humanité se profile du 11 au 13 septembre, sur l’ancienne base aérienne 217 du Plessis-Pâté, en Essonne, l’argent manque. Dans un récent édito relayé sur les réseaux, Fabien Gay, directeur du journal L’Humanité et sénateur communiste de la Seine-Saint-Denis, a tiré la sonnette d’alarme : « Nous pouvons encore agir mais la situation est urgente. » L’an passé, la 90ᵉ édition de l’événement, à la fois festival musical et rendez-vous politique, avait pourtant revendiqué 610 000 visiteurs, un record. Soprano, UB40, Étienne de Crécy, Louane, Ino Casablanca, Kery James, Oumou Sangaré, Kneecap… La Fête de l’Humanité promet encore d’attirer la foule, bien qu’il faille désormais compter quarante minutes de RER du centre de Paris, puis un trajet en navette, pour rejoindre le site essonnien, adopté en 2022 après son éviction de la Courneuve en raison de l’édification du Village des médias pour les JO de 2024. Sa tarification est imbattable au regard des autres grands festivals : 70 euros les trois jours, et même 45 euros en acquérant un « bon de soutien » auprès des militants. Mais les ventes de billets sont en retard par rapport à celles constatées l’an dernier à la même date. « Si ce niveau restait en l’état, cela nous mettrait en péril tant pour l’organisation de la fête que pour l’équilibre financier du journal », écrit Fabien Gay. Au téléphone, il relativise : « C’est difficile, mais on va s’en sortir. On s’en sort toujours. » Un budget en hausse constante La Fête de l’Humanité, qui ne recourt à aucun financement public, partage sa trésorerie avec le journal. Fin juin, le groupe a annoncé des « résultats financiers encourageants » : « Avec un chiffre d’affaires de près de 26 millions d’euros, reposant essentiellement sur nos produits de diffusion et sur la Fête de l’Humanité, et malgré une part important des coûts de production, nous terminons l’année 2025 avec un résultat net positif de 369 000 euros. » La fête y a contribué puisque, selon Fabien Gay, l’édition 2025 a engrangé environ 250 000 € de bénéfice. Maigre pour une édition record. En tout cas, pas assez pour constituer le fonds nécessaire aux dépenses préalables à l’édition 2026, alors que les recettes lui seront postérieures à 80 %. Le budget approche les 9 millions d’euros, en hausse constante. En cause, comme pour tous les festivals : la flambée des cachets artistiques, l’explosion des coûts de production et, particulièrement depuis cet été, la nécessité de contracter une assurance contre les risques de canicule. « Avec l’annulation de plusieurs festivals, certains de nos prestataires se trouvent aussi sous tension et, alors qu’ils acceptaient qu’on les paye après, demandent qu’on les paye avant », observe Fabien Gay qui, avec 1 million d’euros dans les caisses, dit qu’il y a « urgence à dégager de la trésorerie ». Les lectrices et lecteurs sont appelés à acheter des « bons de soutien » et les fédérations du parti sont sollicitées pour en vendre. Mercredi 26 août à Paris, responsables et militants descendent dans la rue pour motiver des passants. La situation est d’autant plus préoccupante que les marges de manœuvre, pour les festivals comme pour la presse écrite, sont minces. Le journal L’Humanité a reporté, ce mois-ci, des investissements qu’il devait engager pour sa transformation numérique dans la perspective de la présidentielle de 2027. Augmenter la jauge de la fête ? L’ancienne base aérienne n’est pas extensible et le public se plaint que le camping et les parkings sont déjà complets cette année. Augmenter le prix des entrées ? Fabien Gay, qui défend une tarification « politique » pour « faciliter l’accès à la culture », envisage une hausse en 2027. Elle sera modeste et la Fête de l’Humanité devra trouver d’autres leviers à activer. À lire aussi : Festivals de l’été : malgré les aléas, ils résistent encore, mais jusqu’à quand ? Société Musique Festivals Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus