Annulé en raison de la canicule ce week-end, le festival parisien estime ses pertes à 3 millions d’euros. Son directeur appelle à renflouer l’association Solidarité Sida, ainsi privée de 70 % de ses ressources. « Tous seuls, nos petits bras et notre grand cœur ne suffiront pas », explique Luc Barruet, fondateur du festival Solidays. Photo Fred Dugit/Le Parisien/MAXPPP Par Maelis Pinto Publié le 29 juin 2026 à 17h26 «Solidays ne (ré) enchantera pas le monde cette année ». Au matin du vendredi 26 juin, à quelques heures à peine de l’ouverture de sa 28e édition, Solidays a été contraint d’annuler son événement annuel à la demande de la préfecture de police. En cause, la canicule exceptionnelle, les records de température et le placement de Paris en vigilance rouge. Le festival devait accueillir près de 220 000 personnes à l’hippodrome ParisLongchamp. Malgré les mesures de prévention déployées (points d’eau supplémentaires, brumisateurs, autorisation de gourdes et bouteilles d’eau…), le risque sanitaire a été jugé trop grand. Une décision « difficile à encaisser », explique Luc Barruet, directeur de Solidays et fondateur de l’association Solidarité Sida. mais qui « s’est faite en coordination, avec beaucoup d’empathie et de professionnalisme ». Pour les six mille bénévoles, les techniciens et les spectateurs, la déception fut grande, mais pour l’association Solidarité Sida, c’est une véritable catastrophe. Car au-delà des concerts, le festival est avant tout un événement solidaire, produit par l’association elle-même et dont les bénéfices financent des programmes de lutte contre le VIH menés en France et dans vingt et un autres pays. À lui seul, il représente près de 70 % des ressources de l’association. « L’avenir de Solidays et naturellement celui de Solidarité Sida sont clairement en suspens », déplore Luc Barruet. L’association estime ses pertes à environ 3 millions d’euros, une somme considérable. Concerts de soutien Pour remonter la pente, un appel aux dons a été lancé. Une démarche inhabituelle pour Solidarité Sida, mais pas inédite. « La demande de générosité ne fait pas partie de notre ADN, insiste Luc Barruet. Dès notre création, nous avons décidé de développer des initiatives pour générer de l’argent nous-mêmes. » Mais que ce soit en 2020, à la suite de la première annulation en raison de la pandémie de Covid, ou cette année « nous n’avons pas vraiment eu le choix », se désole-t-il. « Tous seuls, nos petits bras et notre grand cœur ne suffiront pas. » L’association espère d’abord que les festivaliers accepteront, au moment des remboursements, de renoncer à une partie ou à la totalité de leur billet. Depuis vendredi, des dons affluent déjà sur le site de Solidays. Dans ce week-end chaotique, la solidarité des artistes initialement programmés a constitué une autre lueur d’espoir. Le groupe Triangle des Bermudes, qui a fait danser toute la France pendant l’été 2025 avec son tube Charger, a improvisé un concert exclusif de trente minutes pour les bénévoles et techniciens présents sur le site. « Le moral n’était pas au beau fixe, ça a permis de remonter le moral des troupes », reconnaît Luc Barruet. D’autres initiatives ont vu le jour dans la foulée. La DJ Ava Mind a organisé une soirée de soutien baptisée « Solinight » à la Central Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris, afin de reverser l’intégralité des fonds récoltés lors de cet événement aux Solidays. Le groupe de rock français Last Train a lui aussi annoncé un concert de soutien au Point Ephémère ce lundi 29 juin. Un franc succès puisque la billetterie s’est écoulée en quelques minutes. D’autres initiatives sont en train d’être mises en place. À lire aussi : Canicule et orages : le festival Garorock, à Marmande, annule aussi sa journée de dimanche Musique Solidays Festivals Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Appel aux dons après l’annulation de Solidays : “L’avenir de Solidarité Sida est clairement en suspens”
Annulé en raison de la canicule ce week-end, le festival parisien estime ses pertes à 3 millions d’euros. Son directeur appelle à renflouer l’association Solidarité Sida, ainsi privée de 70 % de ses ressources.










