Près de 70 % des emplois francophones dans la fonction publique fédérale ont disparu dans les 50 dernières années, révèle une étude d’un jeune chercheur de l’Université de Montréal. La plupart d’entre eux se sont transformés en postes « bilingues exigeant l’anglais ».« Ce que l’on observe ici, c’est l’effondrement total des postes français », explique au téléphone Vincent Larochelle, auteur de l’étude Chiffrer le déclin du français dans l’État canadien, publiée par l’Institut de recherche sur le Québec.En 1974, 12,5 % de tous les emplois fédéraux étaient francophones. En 2024, cette proportion est tombée à 3,2 %. « Jamais le français n’a été aussi marginalisé dans l’État canadien depuis la Révolution tranquille », explique le chercheur.Mais alors que les postes en français ont largement été supprimés, les postes en anglais, eux, « sont restés presque exactement au même nombre ». Entre 1974 et 2024, ce sont 3,1 % des postes anglophones qui ont disparu, contre 70 % des postes francophones.Plus de postes bilingues« On pourrait se dire que l’augmentation des postes bilingues compense, mais c’est largement erroné », détaille M. Larochelle. En effet, sur la même période, le nombre de postes bilingues a augmenté de 170 %.Toutefois, insiste Vincent Larochelle, « un poste bilingue n’est pas un poste français. Il s’agit plutôt, presque invariablement, d’un poste anglo-bilinguisant, pour ne pas dire anglicisant ».« Essentiellement, ce sont des postes dans lesquels les fonctionnaires francophones sont forcés de travailler en anglais », résume l’auteur.Par exemple, dans la région de la capitale nationale du Canada (Gatineau-Ottawa), 62 % des postes sont désignés bilingues, mais « seulement 9 % des fonctionnaires déclarent travailler réellement en français ». « Donc, la vaste majorité des fonctionnaires, même quand ils travaillent dans des postes bilingues, travaillent en réalité en anglais. »« Pire encore », croit-il, « si on regarde les endroits au Canada où les postes bilingues sont le plus représentés, c’est au Québec. On retrouve 70 % de postes bilingues, alors que dans le reste du Canada, c’est seulement 13 %. En gros, on oblige les Québécois à travailler en anglais ».
Effondrement «total» du français dans la fonction publique fédérale, selon une étude
En 50 ans, la fonction publique fédérale a perdu 70% de ses postes en français, selon un chercheur montréalais.







