Trois jours après l’échec des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, le ministre de la Culture du Québec reconnaît avoir été « saisi, comme tout le monde », en découvrant vendredi soir que la question de la découvrabilité des productions culturelles ait été désignée par Mark Carney comme l’un des grands points d’achoppement.« Je vous dirais [aujourd’hui] que mes sentiments balancent entre l’exaspération que la culture, même 20 ans après la Convention [de 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles], soit encore considérée par certains États comme une simple marchandise commerciale, et la satisfaction de voir que non seulement le gouvernement du Québec s’est tenu debout, mais que le gouvernement du Canada en a visiblement aussi fait une question sur lequel il ne souhaitait pas négocier », commente Mathieu Lacombe en entrevue avec Le Devoir.« Je trouve regrettable qu’une négociation comme celle que nous vivons avec les États-Unis dérape sur une question de protection de notre culture, parce que ça fait un quart de siècle qu’on se bat partout sur la planète » pour préserver la spécificité des cultures, dit-il.Au Québec, « on a été des leaders dans ce dossier-là depuis des décennies : la culture ne doit pas être traitée au même titre que les autres marchandises économiques », souligne le ministre.Adoptée à Paris en octobre 2005 et entrée en vigueur 18 mois plus tard, la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles cible une dizaine d’objectifs, dont « celui de protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles », « de créer les conditions permettant aux cultures de s’épanouir et interagir librement de manière à s’enrichir mutuellement » et « de réaffirmer le droit souverain des États de conserver, d’adopter et de mettre en œuvre les politiques et mesures qu’ils jugent appropriées pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles sur leur territoire ».Les États-Unis ne font pas partie des 162 pays signataires de cette convention.Ce droit souverain des États de mettre en œuvre des politiques protégeant leurs expressions culturelles s’est fait entendre lors de la conférence de presse tenue par Mark Carney au lendemain de l’échec des négociations. « Nous n’étions pas prêts à faire de compromis sur notre souveraineté, sur la protection de la langue française et de notre culture », des questions qu’auraient ramené à la table de négociation les représentants américains, a dit le premier ministre fédéral.
Mathieu Lacombe se réjouit de l’intransigeance d’Ottawa face à Washington sur la culture
Le ministre se dit exaspéré qu’elle «soit encore considérée par certains États comme une simple marchandise».













