« On est tous tristes », confie Macha Méril au téléphone. « Mais il n’en pouvait plus. Lui qui a incarné l’énergie infinie toute sa vie, il était très fatigué depuis plusieurs années », lâche l’actrice et romancière. Elle nous raconte en longueur « son » Bouvard, mort ce lundi à l’âge de 96 ans.
« Je l’ai rencontré en 1981, quand j’ai publié mon premier roman. Il m’a interviewé. C’était un grand critique, très méticuleux, qui m’a poussé dans mes retranchements. Il voulait voir si je tenais le coup. Et après, il m’a invité aux Grosses Têtes. Il vous recrutait vraiment comme un chasseur de têtes. On m’avait dit : N’y va pas, ils sont machos, ils sont vulgaires ! Mais pas du tout. C’était gaulois, grivois, mais pas vulgaire. La grivoiserie est une tradition très française, qui vient de loin, du XIXe siècle, des écrivains, des polémistes, et Philippe Bouvard vénérait cette tradition. Il adorait Victor Hugo et Edmond Rostand.










