L’été 2026, ponctué par plusieurs épisodes de canicule, des mégafeux et une sécheresse inédite, peut constituer un tournant politique, au moins à gauche. Le week-end des 21, 22 et 23 août, qui a vu La France insoumise (LFI), les Ecologistes et le Parti communiste français (PCF) réunir leurs troupes pour leurs universités d’été respectives, l’a montré : le sujet est devenu central dans les discours et les programmes.

Jean-Luc Mélenchon, le candidat LFI, a ainsi fait des Amfis de son mouvement, une démonstration de force en matière de mobilisation, comme le fut son premier meeting à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 7 juin. Il a surtout délivré un discours largement axé sur la transition écologique. Il a ainsi défendu une « planification écologique », a détaillé son projet d’« écorégions » et prôné, entre autres, une « conscription écologique », pour venir renforcer les forces de sécurité civile en cas de crise. Certes, il y a une dimension tactique dans ce choix fait pour attirer les écologistes et leurs électeurs. Ce thème n’en est pas moins une préoccupation de longue date chez Jean-Luc Mélenchon, qui a longtemps mis en avant l’« écosocialisme ».

Cet ajustement du discours de l’ancien sénateur socialiste – qui a laissé de côté les éléments les plus polémiques, comme son concept de « nouvelle France », et s’est gardé d’attaquer les autres formations de gauche – ne saurait faire oublier les ombres sur sa candidature. En premier lieu, ses diverses provocations aux relents antisémites et ses inquiétantes tentations autoritaires, vis-à-vis de la presse mais aussi dans son organisation interne. Il en va de même concernant sa ligne géopolitique, dont l’un des principaux traits est l’ambiguïté à l’égard de régimes autoritaires.