Pendant que les feux ravagent les forêts de la Colombie-Britannique, une Première Nation montre ce qu’il est possible de faire du bois endommagé ou laissé sur place : le transformer en emballages biodégradables et en isolant pour les bâtiments.Reg Ogen, un dirigeant wet’suwet’en qui, depuis sa résidence de Penticton, entend les hélicoptères survoler la région pendant que les équipes combattent un important feu de forêt près de Summerland, estime que cette nouvelle catastrophe témoigne de l’abondance de bois endommagé qui pourrait être valorisé en Colombie-Britannique.L’idée est venue d’aînés wet’suwet’en qui se demandaient pourquoi les entreprises forestières abandonnaient des résidus de bois après les coupes, explique M. Ogen, président-directeur général de Yinka Dene Economic Development Limited Partnership, le bras économique de la Première Nation des Wet’suwet’en.« Nos aînés voyaient de gros tas de broussailles brûler en forêt et se demandaient pourquoi les titulaires de permis ne les sortaient jamais du bois pour les utiliser, raconte M. Ogen. Notre objectif était de faire quelque chose de ce bois de rebut une fois que les grands titulaires de permis l’avaient abandonné. »De cette idée est née DicinFoam, une matière biodégradable dont le nom vient de « dicin », qui signifie « bois » en wet’suwet’en. Mise au point dans le cadre d’un partenariat entre l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et les Wet’suwet’en, la DicinFoam est fabriquée à partir de bois résiduel et d’autres fibres, notamment des résidus de coupe, de l’écorce, de la sciure, du carton recyclé et du bois endommagé par le feu. Elle peut être moulée en emballages pour remplacer les blocs de mousse de polystyrène expansé, tandis qu’une version plus dense est mise à l’essai comme isolant pour les bâtiments.