La cheffe de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Montréal, Ericka Alneus, fait monter la pression sur l’administration municipale : elle affirme que la campagne électorale provinciale, qui sera vraisemblablement déclenchée cette semaine, représente un test pour la mairesse, Soraya Martinez Ferrada, qui doit « obtenir des gains » pour la métropole.« La campagne électorale est une excellente occasion, pour l’opposition, de demander des comptes à l’administration. On est rendus à presque un an d’Ensemble Montréal au pouvoir. Il y a eu beaucoup d’attentes, beaucoup de promesses, mais on attend encore beaucoup de résultats. On n’a pas de plan clair : où est-ce qu’ils veulent aller ? » dit la cheffe de Projet Montréal, rencontrée à son bureau de l’hôtel de ville.Ericka Alneus dit avoir réfléchi à son rôle de cheffe de l’opposition durant ses vacances en Gaspésie. Elle explique avoir donné la chance au coureur depuis l’arrivée au pouvoir de Soraya Martinez Ferrada et de son équipe, en novembre dernier.L’heure des comptes a toutefois sonné, en cette journée de retour du conseil municipal : « En politique, il faut se commettre parce qu’on a des convictions. L’affaire, c’est qu’on ne sait pas quelles sont leurs convictions [au sein de l’administration]. Les Montréalais ont le droit de savoir où l’administration s’en va. »La conseillère municipale du district Étienne-Desmarteau, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, affirme que la mairesse de Montréal doit désormais faire ses preuves. « Ça va être un moment charnière. On est dans une conjoncture économique charnière. La première magistrate, il faut qu’elle s’assure qu’à la fin de la campagne, on a des gains pour la métropole. Pour moi, c’est non négociable », dit Ericka Alneus, née dans les Cantons-de-l’Est de parents d’origine haïtienne.La mairesse précédente, Valérie Plante, est partie en novembre dernier en rappelant qu’elle avait convaincu Québec de prolonger la ligne bleue du métro. Elle a aussi obtenu à l’arraché des investissements fédéraux et provinciaux pour le logement social et la lutte contre l’itinérance, après des appels répétés à juguler ces crises.Les villes au frontLes dossiers municipaux prendront une place prépondérante dans cette campagne électorale, estime la cheffe de Projet Montréal. Les villes ne peuvent régler toutes seules certains des défis les plus urgents du moment — crises de l’itinérance, du logement, des infrastructures et du financement des transports collectifs. La mairesse de Montréal a le devoir d’interpeller les partis provinciaux pour qu’ils s’engagent à investir dans ces dossiers chauds, fait valoir Ericka Alneus.« Il y a des combats importants à mener pour les municipalités, dont la métropole. Les villes sont en première ligne des services aux citoyens, et Montréal, on est la plus grande ville, on dessert la moitié du Québec », rappelle la cheffe de l’opposition à l’Hôtel de Ville.
Projet Montréal «demande des comptes» à l’administration Martinez Ferrada
La mairesse doit obtenir des engagements des cinq partis en campagne électorale au Québec, fait valoir Ericka Alneus.






