Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Un si Proche Orient Un si Proche Orient Un si Proche Orient Chronique Jean-Pierre Filiu Professeur des universités à Sciences Po Le procès de l’ancien grand mufti de Damas, Ahmad Hassoun, marque une nouvelle étape dans le jugement des responsables de l’ancien régime en Syrie, analyse l’historien Jean-Pierre Filiu dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 07h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le procès de Bachar Al-Assad s’est ouvert, le 26 avril à Damas, un an et demi après le renversement du dictateur syrien, au pouvoir de 2000 à 2024. Le jugement s’est déroulé par contumace, l’ancien maître de la Syrie ayant trouvé asile en Russie, de même que son frère Maher, commandant des troupes de choc du régime déchu, lui aussi jugé in absentia. Le seul membre du clan présent dans le box des accusés est alors Atef Najib, cousin du président exilé, poursuivi pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ». Najib a en effet dirigé en 2011 dans la ville de Deraa, au sud-ouest de Damas, la répression meurtrière des premières manifestations à avoir contesté le régime Al-Assad. Le bain de sang de Deraa, loin d’étouffer la protestation populaire, avait contribué à en diffuser l’impact et à en radicaliser les revendications. Quinze années plus tard, les proches des victimes de Najib sont nombreux à se rassembler, le 26 avril, devant le palais de justice de Damas. Certains défenseurs des droits humains s’inquiètent de l’accusation de « crimes de guerre », alors que les manifestations étaient initialement pacifiques, même si la propagande officielle martelait dès 2011 que la Syrie était tout entière en « guerre » contre le « terrorisme ». Les accusés de ce premier grand procès de la transition post-dictatoriale sont presque tous des hiérarques militaires de l’appareil répressif, responsables directs et opérationnels des tueries que Bachar Al-Assad avait ordonnées pour préserver son pouvoir absolu. On n’en remarque que davantage la présence, dans le box des accusés, du cheikh Ahmad Hassoun, grand mufti de Syrie de 2005 à 2021. Ce dernier avait apporté sa caution religieuse aux campagnes menées par le régime Al-Assad contre l’opposition, au point d’être surnommé le « mufti des barils » (des barils bourrés d’explosifs étaient largués à basse altitude sur les zones insurgées, dépourvues de défense anti-aérienne). Il vous reste 64.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La justice syrienne juge désormais la responsabilité morale dans les crimes du régime Al-Assad »
CHRONIQUE. Le procès de l’ancien grand mufti de Damas, Ahmad Hassoun, marque une nouvelle étape dans le jugement des responsables de l’ancien régime en Syrie, analyse l’historien Jean-Pierre Filiu dans sa chronique.
















