Cinéma VIDÉO – Chaque semaine, nos critiques commentent un film sorti en salles. Aujourd’hui, le dernier long métrage du cinéaste roumain Cristian Mungiu, avec les “stars” Sebastian Stan et Renate Reinsve. Une Palme d’or qui divise le service cinéma. Par Samuel Douhaire, Marie Sauvion Publié le 22 août 2026 à 11h00 À Cannes, en mai dernier, le sixième film de Cristian Mungiu a divisé la critique. Film réactionnaire et manipulateur pour les uns, œuvre nécessaire et brillante pour les autres. Pour son sixième long métrage, le réalisateur roumain s’est exilé temporairement en Norvège. Et, dans la lignée de ses cinq films précédents, il ausculte les maux de la société contemporaine. Mihai, un ingénieur originaire de Bucarest (Sebastian Stan) s’installe dans une petite ville au bord d’un fjord avec son épouse norvégienne, Lisbet (Renate Reinsve) et leurs cinq enfants. Rapidement, des traces de coups sont constatées sur le corps de l’aînée, une enquête est diligentée et leurs enfants leur sont retirés. Découvrir la note et la critique “Fjord”, Palme d’or 2026 : critique réussie de la radicalisation des opinions ou manipulation simpliste ? « C’est un film que j’ai reçu avec beaucoup d’agacement, annonce d’emblée Marie Sauvion. Car je le vois depuis un pays où tous les cinq jours un enfant meurt sous les coups de ses parents ou de sa famille. C’est donc bizarre de vouloir s’en prendre au service de protection de l’enfance de la Norvège. Qui est un pays à la pointe dans ce domaine. » Le cinéma de Cristian Mungiu n’est pas aimable, il irrite et provoque. Fjord ne fait pas exception. « Le film est manipulateur, reconnaît Samuel Douhaire, il nous oblige à penser contre nous-même car il dénonce la tyrannie du progressisme. » La manipulation passerait aussi par le choix des acteurs : « C’est malin d’avoir choisi Renate Reinsve et Sebastian Stan pour nous faire partager leur désarroi. » Pour Marie Sauvion, le film est toujours du côté de la famille chrétienne, « famille martyre au pays de ces salauds de wokistes ». « L’image parle, reprend-elle, car la caméra est toujours située du côté du père ou de la mère. À l’inverse, les Norvégiens sont montrés comme un ramassis de gens sans cœur. » Cristian Mungiu aurait ainsi choisi son camp. « Le film est plutôt équilibré, persiste et conclut Samuel, Fjord vise à déranger ». À lire aussi : “Fjord” sort en salles : Cristian Mungiu, un cinéaste sur le qui-vive qui appuie là où ça fait mal Cinéma Palme d'or Vidéos Cristian Mungiu Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner