Recep Tayyip Erdogan et Benjamin Nétanyahou ont échangé des invectives vendredi, après que la Turquie a émis un mandat d’arrêt international contre le premier ministre israélien et quelques jours après des frappes en Syrie imputées à Israël.Le bureau de Benjamin Nétanyahou a qualifié de « dictateur antisémite » le président turc qui a lui dénoncé des « manœuvres mesquines » à des fins électorales.Le ministre turc de la Justice Akin Gurlek a annoncé plus tôt que la Turquie avait émis un mandat d’arrêt international contre le premier ministre israélien dans le cadre d’une enquête sur l’interception de la « Flottille pour Gaza » et la détention des militants à bord.Les quelque 430 membres d’équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés par l’armée israélienne en Méditerranée, à l’ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus avant d’être expulsés en mai.Le mandat d’arrêt vise également Afek Moskovitch, un officier israélien déployé à Gaza, selon l’acte d’accusation cité par l’agence de presse turque IHA.
« Afek Moskovitch a publié sur son compte Instagram des images montrant huit chars et un bulldozer détruisant l’hôpital et la faculté de médecine de l’Université islamique de Gaza située à proximité ».Benjamin Nétanyahou et Afek Moskovitch sont poursuivis pour « crimes contre l’humanité, génocide, privation aggravée de liberté, » coups et blessures volontaires « torture, destruction de biens, pillage aggravé et détournement de véhicules de transport », a précisé le ministère de la Justice turc.En novembre 2025 déjà, la justice turque avait émis des mandats d’arrêt pour « génocide » contre Benjamin Nétanyahou et plusieurs responsables israéliens, dénonçant le « génocide et les crimes contre l’humanité perpétrés de manière systématique par l’État israélien à Gaza ».« Tactiques politiques »La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations sont tendues avec le président Erdogan, ce dernier dénonçant vivement l’offensive dévastatrice menée par Israël à Gaza, en réponse à l’attaque sans précédent du 7 octobre 2023.Le bureau de M. Nétanyahou n’a pas tardé à réagir à l’annonce du mandat. « Erdogan est un dictateur antisémite qui a massacré les Kurdes, soutenu le massacre de l’organisation terroriste du Hamas, et opprime son propre peuple », a-t-il indiqué dans un communiqué.« Israël continuera à agir avec fermeté contre les tentatives de la Turquie de déstabiliser la région », a-t-il ajouté.En retour, la présidence turque a dénoncé dans la soirée « les tactiques politiques mesquines de [Benjamin] Nétanyahou et de ses acolytes, qui visent à obtenir un avantage électoral », alors que des élections législatives sont prévues en octobre en Israël.« La tentative du gouvernement [israélien] Nétanyahou de présenter la Turquie comme une nouvelle menace relève aussi de cette manœuvre politique », a ajouté la direction de la communication de la présidence sur X.Ces déclarations interviennent aussi après que les États-Unis et la Syrie ont accusé Israël d’avoir bombardé mardi la base militaire d’Abou Dhouhour, dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière turque.Israël, qui a confirmé implicitement les frappes, a soutenu qu’une délégation officielle turque s’était rendue sur cette base. Et a averti qu’il n’accepterait pas de déploiement de troupes turques en Syrie, y voyant une « menace ».De son côté, la Turquie a démenti toute présence militaire « avant ou pendant l’attaque ».Elle a cependant prévenu jeudi qu’elle continuerait « résolument » de protéger l’intégrité et la souveraineté de la Syrie, tout en précisant ne pas envisager de riposte, pour ne pas tomber « dans le piège » tendu par le premier ministre israélien.Dans un autre communiqué publié vendredi, le bureau de M. Nétanyahou a accusé le président turc de chercher « à étendre son agression contre Israël jusqu’en Syrie ».« Israël ne le tolérera pas », a indiqué le communiqué.











