Après plus de deux ans à faire feu de tout bois contre les adversaires d’Israël à travers le Moyen-Orient, le premier ministre Benjamin Nétanyahou, confronté à une campagne électorale difficile pour sa réélection, jette désormais son dévolu sur un autre ennemi présumé : la Turquie.Mardi, des avions de combat ont bombardé un aéroport militaire hors service dans le nord-ouest de la Syrie, juste après la visite d’une délégation officielle turque.M. Nétanyahou a affirmé que la Turquie cherchait à y établir une présence militaire, malgré la mise en garde d’Israël, ce que la Turquie a démenti.Jeudi, son ministre de la Défense, Israël Katz, a accusé M. Erdogan de s’engager dans de « dangereuses aventures en Syrie », ajoutant qu’« Israël ne permettra à aucune entité de menacer sa sécurité ».Dans le cadre de sa campagne pour sa réélection, M. Nétanyahou a fait afficher les photos de plusieurs dirigeants, dont le président turc Recep Tayyip Erdogan, avec la mention : « Ils veulent voir perdre Nétanyahou ».M. Erdogan a vertement critiqué l’offensive menée par Israël à Gaza, après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et les relations se sont encore détériorées après les interceptions brutales par Israël d’une flottille venue de Turquie qui cherchait à acheminer de l’aide à Gaza.Mais contrairement à d’autres pays de la région attaqués par M. Nétanyahou, la Turquie dispose de puissants alliés. Elle est membre de l’OTAN et jouit de bonnes relations avec les États-Unis, dont l’ambassadeur à Ankara a condamné les frappes israéliennes.La Turquie a toutefois été le premier pays majoritairement musulman à reconnaître l’État d’Israël et entretient de solides relations commerciales avec lui, même si Ankara a dit, pendant la guerre à Gaza, vouloir y mettre fin.Yair Golan, chef des Démocrates, l’opposition de centre gauche a qualifié l’attaque en Syrie de « provocante et dangereuse ». Cela « nous rapproche d’une confrontation avec la Turquie et aggrave la fracture avec nos alliés, au premier rang desquels les États-Unis », a-t-il estimé.« Une fois encore, la force militaire est employée pour répondre à des considérations politiques ».