Au lendemain de l’annonce par leur chef de l’intégration des institutions kurdes au sein de l’État syrien, des habitants de Qamichli, ville à majorité kurde, espèrent avoir enfin voix au chapitre dans la nouvelle Syrie, après des décennies de répression.Si Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) à majorité kurde, a parlé d’une « nouvelle étape » pour son peuple, des experts notent qu’elle sonne surtout le glas des rêves d’autonomie nourris depuis longtemps par les Kurdes.Daham Khalo, vendeur de pièces automobiles quinquagénaire, se montre, comme d’autres habitants de Qamichli, d’un optimisme prudent, disant espérer une « issue positive pour le peuple kurde après 15 ans de sacrifices et de déplacements ».Avant la guerre civile (2011-2024), les Kurdes, qui représentent environ 15 % de la population syrienne, ont longtemps souffert de marginalisation et de persécutions de la part des gouvernements successifs.Pendant des décennies, il leur était interdit d’enseigner leur langue, de célébrer leurs fêtes et de pratiquer leurs traditions. Des dizaines de milliers d’entre eux ont été déchus de leur nationalité.
À présent, « nous sommes partenaires dans ce nouvel État », dit fièrement M. Khalo, en déambulant dans un marché de la ville, située dans le nord-est de la Syrie.Dans les rues de Qamichli, des banderoles kurdes flottent toujours aux côtés de photos d’hommes et de femmes tombés au combat contre le groupe jihadiste État islamique, que les Kurdes ont combattu jusqu’à sa défaite territoriale en 2019.Mais sur la façade d’un bâtiment administratif, gardé par des membres lourdement armés des FDS, un panneau flambant neuf en kurde et en arabe affiche désormais « République arabe syrienne », « Administration régionale de Qamichli ».











