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ReportageFace à la recrudescence des frappes russes, de plus en plus meurtrières, les grandes villes ukrainiennes s’efforcent de moderniser leurs systèmes d’alerte. Mais, lassés par les incessantes sirènes et le flot de messages anxiogènes, une partie croissante des civils n’y réagit plus.
Il est minuit pile quand les explosions retentissent à travers Kiev, dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 août. Une énième alerte aérienne a résonné quelques secondes plus tôt. D’ordinaire, la plupart de ces alertes ne sont suivies d’aucune frappe, car les projectiles russes sont détruits ou changent de cap. Cette fois, une pluie de missiles s’abat sur la capitale ukrainienne, faisant au moins 15 morts. Depuis deux jours, les Kiévains avaient été avertis par les autorités que les Russes préparaient une attaque massive. Mais les abris souterrains sont très loin de pouvoir accueillir les 3 millions d’habitants de la ville, dont la grande majorité préfère affronter le risque chez elle.
Que dire aux civils en cas de risque de bombardement ? Dans la plupart des alertes, l’information donnée reste très sommaire : un signal sonore ou un message vocal intimant de se rendre aux abris. Le danger venu du ciel est pourtant protéiforme. Il va du drone d’attaque à long rayon d’action (Dalra), communément appelé Shahed et emportant une charge explosive de 50 à 100 kg, aux missiles hypersoniques et aux bombes guidées planantes, chargés d’une tonne d’explosifs et capables de raser une barre d’immeubles.






