Depuis des siècles, des métaux utiles sont mis au point à partir d'un élément de base auquel on ajoute de petites quantités d’autres éléments. L’acier, par exemple, est principalement composé de fer. On y ajoute du carbone en quantités variables pour produire différentes nuances d’acier. Le bronze est composé de cuivre et d’étain. Ces mélanges sont appelés « alliages ».

L’Afrique fournit déjà plusieurs des métaux utilisés dans les alliages. Pourtant, le continent tire bien moins de valeur de la conception et de la fabrication de matériaux avancés que de l’extraction des minerais qui les rendent possibles. Par exemple, le continent fournit environ les trois quarts du manganèse mondial, 70 % du cobalt et près d’un cinquième de la production mondiale de cuivre, mais ne tire que moins de 1 % de la valeur créée par la fabrication de technologies d’énergie propre utilisant ces minéraux.

En effet, l’Afrique exporte la richesse sous sa forme la plus brute et importe la valeur sous sa forme la plus avancée. Pour corriger ce déséquilibre, il faut passer de l’exportation de minerais bruts à la transformation, au raffinage, à la production de matériaux de pointe et à la fabrication sur le territoire national. Cela permettrait aux pays africains de conserver une plus grande part de la valeur économique tout en accélérant l’industrialisation, en favorisant l’innovation et en promouvant le développement durable.