Chaque année, en France, 3000 mineurs font l’objet de mesures d’incarcération. Parmi ceux-ci, 70 % récidivent dans les deux ans après leur sortie de prison. L’organisme Seuil, qui œuvre à la réinsertion sociale de jeunes contrevenants, travaille à inverser cette tendance.Pour ce faire, l’association propose aux jeunes de s’engager dans des marches individuelles de longue durée pour renforcer leur estime personnelle et leur offrir un nouveau regard sur eux-mêmes. Depuis 2002, 500 adolescents ont effectué ces « marches de rupture », à l’issue desquelles plus de la moitié ont intégré un parcours de réinsertion.C’est de cette initiative — relatée dans le livre Marche et invente ta vie, de Bernard Ollivier (Arthaud, 2017) — que Yann Samuell (Jeux d’enfants, 2003 ; La guerre des boutons, 2011) s’est inspiré pour imaginer le récit de son dernier film, Compostelle, dans lequel Frédérique (Alexandra Lamy), une enseignante mise à pied après avoir giflé l’une de ses étudiantes, accepte d’accompagner Adam (Julien Le Berre), un adolescent qui, en échange d’une remise de peine, doit parcourir à pied les 2000 kilomètres du sentier de Saint-Jacques-de-Compostelle.
De la cathédrale du Puy-en-Velay jusqu’au cap Finisterre, en passant par Conques et Cahors, les deux compagnons de voyage — une professeure en instance de divorce et en conflit avec sa fille et un jeune délinquant qui espère l’amour d’une mère qui ne vient jamais —, d’abord méfiants, laissent peu à peu tomber leur carapace, et voient les kilomètres, les mésaventures et les malentendus esquisser le fragile chemin menant au rêve et à la compassion.







