Les Québécois estiment que l’équilibre budgétaire devrait être un enjeu important de la campagne électorale à venir, révèle une étude de la Chaire en fiscalité et en finances publiques (CFFP) parue vendredi. Pour atteindre celui-ci, deux Québécois sur trois préfèrent une réduction des services publics à une hausse d’impôt.À la veille des élections, « on voulait voir si les Québécois avaient renouvelé leurs vœux à l’égard de l’équilibre budgétaire » depuis les abaissements de la cote de crédit du Québec dans les années 1990 et l’adoption de la Loi sur l’équilibre budgétaire en 1996, explique le titulaire de la CFFP et professeur à l’Université de Sherbrooke, Luc Godbout.L’étude se base sur les résultats d’un sondage réalisé par Léger Opinion auprès de 1034 adultes québécois issus d’un panel Web entre les 26 et 28 juin. Près de la moitié des répondants (46 %) jugent la situation budgétaire du Québec négative et à peine 5 % la trouvent positive. Les autres se disent neutres ou indiquent qu’ils ne savent pas.À la lumière de cette évaluation, la très grande majorité des répondants pense que l’équilibre budgétaire est un principe important (86 %). Un constat qui se veut en quelque sorte « rassurant » et qui dénote « un attachement relativement uniforme à l’idée d’adhérer au principe que le budget doit être équilibré », selon M. Godbout.Les Québécois semblent généralement approuver l’idée selon laquelle le gouvernement provincial devrait faire un déficit uniquement en période de récession économique (58 % sont pour, 17 % sont contre, 25 % ne savent pas). Une écrasante majorité (81 %) croit aussi que « les partis politiques devraient prioriser l’équilibre budgétaire même si cela implique des choix difficiles ».Réduire les services plutôt que hausser les impôtsC’est dans la sélection des « choix difficiles » qui doivent être faits pour atteindre l’équilibre budgétaire qu’on observe un clivage chez les personnes sondées. Appelés à choisir entre une réduction des services publics (pour ne pas augmenter les impôts) et une augmentation des impôts (pour éviter des compressions dans les services), les deux tiers des répondants ont choisi la première option.En d’autres mots, les Québécois sont deux fois plus nombreux à préférer une réduction des services publics à une hausse des impôts pour équilibrer le budget de la province.Une analyse partisane de ces constats permet d’observer « une certaine cohérence » avec les intentions de vote, note Luc Godbout. Les personnes qui comptent voter pour Québec solidaire privilégient largement une augmentation des impôts (65 %). Chez les partisans du Parti conservateur du Québec, ils sont seulement 16 % à préférer cette voie.« Entre ces deux partis, on observe qu’environ les deux tiers préfèrent accepter une réduction des services publics : Parti libéral du Québec (68 %), Parti québécois (64 %) et Coalition avenir Québec (63 %) », écrivent les auteurs Luc Godbout, Frédérick Hallé-Rochon et Jean-Herman Guay.À surveiller durant la campagne« Il y a un consensus autour de l’équilibre budgétaire, résume Luc Godbout. Donc, [les partis politiques] devraient adhérer à l’idée selon laquelle il faut retrouver l’équilibre budgétaire. » À eux, maintenant, d’expliquer comment ils vont y parvenir.Cela dit, « une campagne électorale sans promesse électorale, ce n’est pas une campagne électorale », poursuit-il. Les partis auront donc la responsabilité d’« identifier comment ils vont combler les écarts à résorber et financer toutes les promesses ayant un impact négatif sur le solde budgétaire ».