Vous portez du parfum tous les jours?“Oui, toujours! Depuis toute petite, je suis fascinée par les odeurs. Enfant, pour les grandes occasions, j’avais le droit de porter le parfum de ma mère. Je me souviens que nous allions à des dîners de famille et que j’étais convaincue que tout le monde sentait mon parfum et me regardait. Quand j’y repense aujourd’hui, je réalise à quel point ce sentiment était beau. Cela me donnait l’impression que les gens me respectaient d’une certaine manière. C’est ça, la force du parfum: une odeur peut donner de l’énergie et influencer la manière dont on se sent.”Vous avez un rituel particulier?“Mon rituel, c’est précisément ça: un moment à moi. J’applique le parfum sur peau nue avant de m’habiller, puis j’en vaporise encore sur mes vêtements. À la maison, j’ai deux “stations parfum”: une dans la salle de bains et une près de la porte d’entrée. Juste avant de sortir, j’ajoute rapidement une dernière pulvérisation.”Que pensez-vous de cette fragrance?“Je l’adore. Elle est chaleureuse et féminine, tout en restant puissante. On sent le bois chaud et la noix de muscade, mais aussi la vanille sucrée. Et si on y prête attention, on découvre à la fin une note de citron frais. La première fois que je l’ai sentie, j’ai eu du mal à croire à quel point elle se mariait parfaitement avec l’odeur d’un manteau en cachemire. On a littéralement l’impression de porter du cachemire sur la peau.”Les parfums réveillent souvent des souvenirs, des émotions, des lieux. À quel moment particulier de votre vie cette odeur vous ramène-t-elle?“J’ai un nez très sensible et les odeurs ont toujours compté pour moi. Je me souviens parfaitement de la façon dont le parfum de ma mère imprégnait toutes ses affaires: son sac à main, son soutien-gorge, son foulard, son manteau, ou même son oreiller.”“Cette odeur me ramène immédiatement au shooting de la campagne à Paris. C’étaient des journées particulièrement agréables sur le set et dans la ville. C’est là que j’ai senti pour la première fois la fragrance dans sa version définitive. Chaque fois que je porte à nouveau le parfum de Max Mara, je suis aussitôt ramenée à ce tout premier moment.”“J’aime aussi énormément l’odeur de la nourriture et de la cuisine, car elle m’apaise. Je l’associe à une maison heureuse et chaleureuse. Même chose pour les fleurs, les plantes et la nature: j’adore respirer l’odeur de la vie. Mon nez a vraiment besoin de parfums extraordinaires.”Florence Pugh: "Pour moi, le parfum est synonyme de féminité et d’assurance sereine.”© Max MaraLe parfum de Max Mara vous fait-il penser à un personnage que vous avez joué?“Pas encore, parce que je n’ai pas encore porté ce parfum sur un plateau. Pour chaque personnage que j’interprète, je choisis un parfum différent. Je prends toujours le temps de vraiment apprendre à connaître le personnage: qui elle est, ses particularités, sa personnalité. Ensuite, je lui cherche une odeur. Je me demande toujours: quel parfum porterait cette femme? Dès que j’ai trouvé la bonne senteur, je la porte pendant longtemps. Ça m’aide à entrer dans mon rôle.”Vos personnages sont très contrastés: de la princesse Irulan dans “Dune” et l’ambitieuse Amy March dans “Little Women” à la tueuse à gages Yelena Belova dans le Marvel “Black Widow”. Comment faites-vous pour vous immerger à chaque fois aussi profondément dans des rôles si différents?“L’une des raisons principales pour lesquelles j’accepte un rôle, c’est que mes personnages sont souvent très éloignés de qui je suis. Elles font des choses que je ne ferais jamais, ou ont une personnalité complètement différente. Pour moi, c’est un pur bonheur de décortiquer un personnage, d’apprendre à le connaître, puis de lui donner vie. Mon objectif est toujours de les interpréter de telle manière que personne ne doute de leur existence. C’est ce que je trouve le plus beau dans mon métier: transformer quelqu’un qui n’existe que sur papier en un être humain aussi crédible que possible.”Vous avez un compte Instagram de 10 millions d’abonnés qui semble très authentique. Vous y partagez des photos sans filtre, des recettes, vos amis, votre chien… bref, la vraie vie. Quel est votre regard sur les réseaux sociaux? Une pression, ou une opportunité de faire entendre votre voix?“Honnêtement, les deux. Ma relation aux réseaux sociaux a beaucoup changé ces dernières années. Avant, je postais tout le temps; aujourd’hui, beaucoup moins. Je grandis, mes centres d’intérêt évoluent et je ne ressens plus le besoin d’être en ligne en permanence. J’essaie surtout de vivre ici et maintenant. Cela dit, je ne supprimerais jamais mes comptes sans réfléchir, justement parce que je veux faire entendre ma voix. Je veux partager ma vision, montrer qui je suis. Je veux montrer à mes abonnés — et surtout aux jeunes — à quoi ressemble une femme d’un mètre cinquante qui fait du sport, travaille dur, mais prend aussi autant de plaisir à cuisiner et à manger.”Le Parfum, eau de parfum, 131 euros (50 ml).Lire plusShirley Villavicencio Pizango retourne à Lima, 20 ans après: un voyage aux racines de son artRefuge de l’artiste: dans l’atelier rêvé de Rinus Van de Velde