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ReportageDans les anciens villages de Wola Ostrowiecka et d’Ostrowki, dans l’ouest de l’Ukraine, archéologues et historiens exhument des corps de civils polonais massacrés par des nationalistes ukrainiens en 1943. Plus de quatre-vingts ans après, ce douloureux passé continue de peser sur les relations diplomatiques entre Kiev et Varsovie.
« Vous voyez ce champ de blé ? C’est là que se trouvait la maison de mes grands-parents », lance Leon Popek. Cet historien polonais en treillis kaki connaît tout de l’ancien village de Wola Ostrowiecka, en Volhynie, dans l’ouest de l’Ukraine, où ont péri plusieurs de ses proches, le 30 août 1943. Wola Ostrowiecka se trouvait à l’époque dans une Pologne occupée par les nazis, qui avaient repris la région à l’envahisseur soviétique en juillet 1941. De cette localité, qui comptait alors quelque 900 habitants – des Polonais pour la plupart –, il ne reste rien, sauf un arbre où nichent volontiers des cigognes et des abeilles.
Le 30 août 1943, comme des dizaines d’autres villageois, le grand-père maternel de Leon Popek, Jan Szwed, avait répondu présent à un rassemblement organisé par des membres de l’Organisation des nationalistes ukrainiens et de sa branche militaire, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Un guet-apens, dont il n’est jamais revenu. Moins d’un tiers des habitants, regroupés dans une grange et dans l’école, a survécu aux massacres. Certains ont été tués à coups de marteau ou de hache, d’autres ont péri dans l’incendie du village.






