Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

ReportagePour la deuxième année d’affilée, le festival de musique et d’arts plastiques Vyriy a réuni à Kiev, les 8 et 9 août, plusieurs milliers de personnes, malgré les attaques incessantes des drones russes. Soldats en permission et familles se sont mêlés aux fêtards pour danser et célébrer le folklore ukrainien dans cette bulle de paix.

Obsèques le matin, festival de musique le soir : comment imaginer journée plus contrastée ? Ce samedi 8 août à Kiev, plusieurs silhouettes s’engouffrent dans le métro, en direction du sud. En robes brodées, chemises en lin, paillettes sur le visage, hommes et femmes se pressent dans les wagons. Quelques heures plus tôt, certains d’entre eux, vêtus de noir, fleurs à la main, empruntaient la même ligne pour se rendre sur la place Maïdan, au cœur de la capitale ukrainienne, où, sous une pluie d’été, ils ont rendu un dernier hommage à Oleksiy Ioukov, célèbre bénévole ukrainien mort au front. Il s’était fixé pour mission de récupérer et rapatrier avec son équipe des milliers de dépouilles mortelles de soldats laissées sur les champs de bataille afin de leur offrir une sépulture.

Mais en ce début d’après-midi, chacun est en route pour faire la fête. La tribu colorée descend à la station Centre d’exposition, là où se tient la deuxième édition de Vyriy, un festival de musique et d’arts plastiques, mais surtout une parenthèse de légèreté dans un quotidien marqué par la guerre. Dans l’imaginaire ukrainien, vyriy renvoie au coin de paradis où, l’hiver, migrent les oiseaux. Au milieu de la foule qui patiente devant l’entrée du VDNG, vaste complexe datant de l’époque soviétique qui accueille les festivités, les compliments s’envolent au vent : « Vous êtes tellement belles ! » « Mais vous aussi ! »